Brexit suite et fin

Alors qu’on se réjouit du succès des Verts aux élections fédérales (ensemble 21%), les populistes continuent de progresser ailleurs en Europe. Pratiquement un quart des voix dans une élection régionale en Allemagne (Thuringe), malgré le positionnement assumé à l’extrême-droite et sa réhabilitation du 3Reich de la tête de liste, 57,5% dans une élection régionale en Italie (Ombrie) où Salvini, allié avec l’extrême-droite néofasciste, prépare son grand retour. Et maintenant au tour de la Grande-Bretagne.

 

Le démagogue Boris Johnson a fini par obtenir ce qu’il voulait : des élections anticipées. Sa stratégie politique n’a aucune raison de ne pas aboutir, cela fait des mois qu’il met en scène l’opposition entre le «peuple» et ses élu.e.s parlementaires qui le trahiraient.

En toute logique, après l’acceptation à 52% du principe du Brexit en juin 2016, il faudrait soumette au jugement du peuple le résultat des courses, soit l’accord obtenu avec l’UE, et à chacun.e en connaissance de cause de se positionner sur l’acceptation finale ou non d’une sortie à ces conditions.

Mais il n’y aura, sauf retournement de dernière minute, pas d’appel au peuple sur ce point essentiel (de peur probablement que le refus d'un tel accord l’emporte). Par contre, il y aura appel au peuple pour désigner un nouveau parlement (sachant que la mise en scène du peuple contre les élus permettra à la formation du premier ministre de se hisser en tête dans pas mal de circonscriptions).

Un vrai déni de démocratie, où sous prétexte de respect d’un vote populaire de juin 2016 sur un principe, on refuse à ce même peuple de se prononcer sur la concrétisation de ce principe, et en lieu et place, se met en scène comme le héros du peuple face au parlement...

Le but de tout cela ? « Enfin libres », les Anglais connaîtront une vague de dérégulation sans pareil, car l’objectif des Johnson et compagnie est clair et a été maintes fois réaffirmé : faire de leur pays une vaste zone off-shore, un Singapour grande dimension, ce qui ne fera qu’accroître des inégalités qui sont impressionnantes et le nombre d’exclus déjà important. Que le « bon peuple » le sache une fois pour toutes : les populistes qui parlent en son nom sont les plus grands dérégulateurs devant l’éternel, et ne travaillent en réalité pas pour lui mais pour eux.

Par contre, il faut leur reconnaître une chose : ils mouillent leur chemise, sont capables de simplifier le discours, n’ont pas peur du contact avec le commun des mortels, se montrent obstinés et combatifs, ne craignent pas d’appeler un chat un chat et de faire des propositions en conséquence – et de les mettre en œuvre (même si elles sont à l'évidence mauvaises et contraires à toutes les règles de la morale et du droit). Qualités d'expression, de lien et de dynamique qui manquent, à des degrés divers, aux leaders plus mesurés des partis institutionnels. Si ces derniers pouvaient apprendre de l’attitude des populistes, et se mettre vraiment en proximité avec la population, le populisme aurait certainement bien moins d’espace pour développer sa démagogie, sa brutalité, ses illusions, ses haines et ses fantasmes.

Commentaires

  • Et si vous aviez tord ? Si les Anglais réussissaient à vivre libres comme la Suisse sans la tutelle de cette UE pleine de fonctionnaires inutiles (comme chez nous). Je parie que vous trouveriez encore des raisons de soutenir l'UE. Je pense que les camarades socialos rêvent que notre pays se lie avec les 27 autres pays en faillite et que ces pays puisent dans les économies de nos banques, dans les comptes de la confédération pour subvenir à leurs besoins au détriment des citoyens suisses. Ah les socialos, toujours une idée d'avance comme, par exemple le mur de Berlin érigé par les socialistes de Honecker pour éviter que les pays démocratiques envahissent le paradis socialiste !!

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