30/05/2010

Région. Europe. Il nous faut des institutions à la hauteur des enjeux

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Les questions institutionnelles sont celles qui barbent le plus leur monde. Alors que ce sont celles qui décident de notre capacité à traiter les problèmes. Alors allons-y.

Nous faisons face actuellement à deux situations que nous avons de la peine à gérer.

Dans notre région, des inégalités surgissent qui exigent une réponse claire : Le marché du travail à Genève fait appel à bientôt 80'000 résidents hors du territoire genevois (alors qu’il y a de nombreux demandeurs d’emploi sur place), qui y trouvent un avantage certain : Ils gagnent mieux que chez eux, mais n’ont pas les charges notamment locatives des Genevois. De même les salaires gagnés sur territoire genevois permettent de mettre davantage sur la table pour acquérir son logement là où on habite, ce qui fait que les personnes qui travaillent localement n’arrivent plus à suivre.

Comment résoudre ces contradictions qui fâchent des deux côtés de la frontière ? La proposition faite par Micheline Calmy-Rey de saisir toutes les possibilités du droit international et européen pour créer ici une euro-région transfrontalière mérite d’être étudie, tout comme la vielle revendication d’un parlement transfrontalier. On peut aussi se rappeler l’existence des zones franches, depuis bientôt deux cents ans. Elle témoigne des solutions qui avaient été trouvées à l’époque pour les problèmes de l’époque. Il nous faut faire preuve de la même créativité aujourd’hui si nous voulons avoir une chance d’avoir prise sur les événements et de corriger la montée des situations inégales.

Autre exemple : la crise grecque. On nous dit que c’est de la faute à l’Europe, on veut sortir de la zone €. On se refuse juste à comprendre que l’Europe est malade de pas assez d’Europe, et ne s’en sortira seulement, face à elle-même et face au monde, en admettant de créer un Etat fédéral européen, avec des vrais pouvoirs régulateurs économiques et sociaux. Oui les grands Etats qui ont voix au chapitre dans le monde ont tous la taille de notre continent, sont tous des Etats fédéraux : Brésil, Inde, Australie, Etats-Unis (la Chine devra aussi s’y mettre quand elle découvrira la démocratie). Alors, barbantes les réflexions institutionnelles ??

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26/03/2010

Sarkozy et l’écologie, un révélateur

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On dit que les hommes (et femmes bien entendu) politiques se révèlent lorsqu’ils traversent des zones de turbulences. Sarkozy défait aux régionales se révèle tel qu’en lui-même et confirme magnifiquement la raison même de sa disgrâce auprès des Français : son absence de colonne vertébrale, son absence de projet et de vision. Un nouveau Chirac en plus agité en somme.

Voici quelques années Sarkozy avait annoncé en grande pompe qu’il était temps de prendre en compte les enjeux du développement durable, face aux ravages du consumérisme et du néolibéralisme. Quelques mesures novatrices, le fameux Grenelle de l’environnement. Puis que sacrifie-t-on au premier revers électoral ? Le développement durable, précisément. On invoque quotidiennement la nécessité « vitale » de ne pas toujours sacrifier le long terme au court terme et on fait exactement ce qu’on dénonce.

Belle leçon de ce qu’il ne faut pas faire en politique. Comment peut-on prétendre défendre une nation, incarner un projet quand on est à ce point fragile, peureux, velléitaire ?

De quoi s’agit-il ? Sarkozy découvre les enjeux écologiques et veut lutter contre les immenses gaspillages énergétiques dus à l’organisation aberrante de la mobilité dans notre société et aux façons négligentes de bâtir. Un remède, simple, préconisé dans d’autres pays, taxer les émissions de gaz carbonique. Un espoir : qu’entreprises et particuliers pour éviter de payer la taxe se donnent les moyens d’émettre moins de CO2 et donc de consommer moins d’énergies qui en émettent. Un problème. Il n’y a pas toujours des substituts. Notamment pour les personnes vivant en habitat dispersé, en région rurale, où tout service de transports publics digne de ce nom a disparu depuis belle lurette (ça existait mais ça n’existe plus), et qui sont souvent celles aux revenus les plus faibles, qui utilisent encore vaille que vaille leurs vieux véhicules ma foi un peu plus polluants que les neufs trop chers pour eux.

Reste que cette taxe était devenue un symbole d’un engagement même impopulaire. Mais il n’a pas survécu au premier avis de tempête. Message clair : en cas de problème c’est l’écologie qu’on sacrifie.

La vraie solution : pourquoi toujours taxer, pourquoi ne pas promouvoir, encourager, inciter, mettre en place du neuf ? L’abandon de la taxe carbone aurait pu être une belle occasion de remplacer une mesure coercitive par un beau bouquet printanier de mesures incitatives. Au lieu de cela c’est l’écologie qui a été abandonnée. Au lieu de changer de méthode on change de sujet et occulte le thème qui fâche. Encore une fois Sarkozy a illustré parfaitement la raison pour laquelle il a tellement déçu.

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17/02/2010

Rentes : Dévaluation à froid

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On se demande pourquoi le bon peuple ne fait plus confiance !

Voici un bon exemple. On vous vend le 2e pilier comme assurance sans faille qui vous permettra de dormir tranquille durant vos vieux jours. On inscrit dans le marbre de la constitution la garantie du maintien du niveau de vie.

Et un beau jour à Berne sous la coupole fédérale (là où on se fait berner, justement) une majorité d’élus modifient subrepticement le taux de change. Votre franc versé ne vaut du jour au lendemain plus que 80 centimes.

De qui se moque-t-on ? L’épargne forcée du 2e pilier dévaluée à froid ? Un vrai scandale. On a trimé toute sa vie, pour se faire avoir ?

Le même parlement qui a versé en une soirée 62 milliards à une banque pour couvrir des crédits spéculatifs en Amérique, dont 20 milliards ont été aussitôt perdus, fait passer à la caisse tous ceux qui se sont saignés pour se cotiser croyant dur comme fer dans la solidité des paroles des élus, dans la solidité de leur retraite.

Les socialistes ont dépisté le piège, récolté avec les syndicats les signatures nécessaires et vous permettent citoyennes et citoyens de passer à l’acte en disant un grand NON à cette razzia sur nos vieux jours.

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13/12/2009

Après le non aux minarets, un double dialogue est nécessaire, avec l'Islam mais au sein de celui-ci?

Le vote du 29 novembre a crée une vaste onde de choc. Comment rebondir, telle est la question. Il apparaît clairement que la réponse doit être un dialogue constructif avec l'Islam et au sein de la communauté des musulmans vivant en Suisse sur la façon de vivre sa foi dans le contexte des valeurs de laïcité, d'universalité des droits humains et de liberté de croyance ayant cours dans nos pays et qui sont des acquis des combats des siècles derniers entre Eglises et Etat. C'est sur cette base que la réalité musulmane en Suisse mais aussi en Europe peut donner une dynamique nouvelle à tout l'Islam en travaillant sur un enjeu crucial, à savoir la place de la religion dans le monde moderne.

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09/12/2009

Copenhague, test de la gouvernance mondiale

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01/11/2009

CONSEIL d’ETAT Un vote pour des programmes, un vote pour des personnes

Après les élections au Grand Conseil voici celles au Conseil d’Etat.

Les partis jouent un rôle, les engagements programmatiques des candidat-e-s aussi. Mais surtout il est question de personnalités.

Pas de « N’y a qu’à » des populistes, qui disent: donnez-moi un balai et je vous nettoie les rues en 45 jours ou qui refusent le CEVA solution au trafic pendulaire notamment frontalier...

Pas de vision tronquée et de libéralisme idéologique : le culte du tout-au-marché, la croyance en l’économie qui réglera tout toute seule, ou encore l’indifférence à la loi du plus fort qui caractérise les partis de la droite classique

Pas non plus de politique du pire prônée par d’aucuns à l’extrême-gauche.

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13/09/2009

Sécurité urbaine une préoccupation socialiste

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Certains cherchent à faire croire que les socialistes seraient indifférents à la petite criminalité, celle qui agace à juste titre en particulier les gens modestes. Une maman vendeuse mal payée et qui se saigne pour offrir un vélo à son fils, et le voilà volé. Une personne âgée qui se fait détrousser. Un commerçant qui n’en peut plus des détritus devant sa vitrine... cette petite délinquance urbaine nous préoccupe. Elle touche à des valeurs, de respect, de convivialité, et les met en question.

Une ville avenante, propre, sûre, c’est ce que nous ambitionnons en revendiquant une gestion exemplaire des espaces publics, en exigeant des propriétaires immobiliers un bon entretien des immeubles, en montrant l’exemple au niveau de nos collectivités, en luttant contre les encombrants, et en aménageant zones piétonnes et modérations du trafic.

Par rapport à cela, les socialistes revendiquent haut et fort une plus grande présence policière, préventive mais aussi répressive, lorsque des délits sont commis, des condamnations à des travaux d’intérêt général, bien plus utiles et éducatifs que des jours-amende jamais payés. Dans certains cas, la vidéo-surveillance permet d’identifier des délinquants et agit préventivement. Dans tous les cas, les effectifs de la police doivent être renforcés.

Reste que nous devons aussi rappeler que l’équilibre sécurité-liberté est délicat. En Italie, jouer au ballon sur la plage ou manger dans un parc public peut vous coûter plusieurs centaines d’euros... Cela aussi il faut le souligner : sécurité oui mais chape de plomb et nouvelles inégalités non !

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30/08/2009

Enfance, famille, aînés : les Socialistes à l’écoute des besoins des gens

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16/07/2009

Calvin un homme gauche avant la lettre?


Au cours de cette année consacrée au 500e anniversaire de Jean Calvin, né à Noyon, France, le 10 juillet 1509, l’Eglise protestante de Genève nous a rappelé l’incroyable destin de cet étranger, cherchant refuge à Genève devant la persécution religieuse qui ravage son pays. Etrange destin en effet à la fois de cet homme et de cette Cité «pas comme les autres». Rencontre improbable, mais fondatrice d’identité.

Aujourd’hui les noms de «Calvin» et de «Genève» sont indiscutablement liés, voire pour d’aucuns synonymes. C’est tout de même un message assez extraordinaire en notre période de repli et de méfiance à l’égard de l’étranger: le destin de Genève a été fondamentalement changé, par l’action d’un étranger, d’un réfugié ! Et c’est à cette action que Genève doit sa vocation internationale, puisque adopter la foi de Calvin c’était adopter son exigence de la répandre de par le monde, c’était devenir la «Rome protestante ». Dès lors le destin de Genève était international avant d’être national, global avant d’être local.

Autre aspect de la réforme, sa substance même : la revendication de pouvoir lire la source de la foi, soit les Ecritures par soi-même, sans intermédiaire, médiateur, nécessité d’un interprète, la structure démocratique de l’Eglise, autant d’exigences en avance sur leur temps, à une époque où le libre-arbitre était loin d’aller de soi. Invoquer le devoir de résistance face à des autorités qui quitteraient leur seule légitimité qui est le service du bien commun, voilà qui reste fort actuel et fort progressiste.

Enfin, loin de sanctifier les gains faciles, et de légitimer le capitalisme en tant que tel («Enrichissez-vous» a été dit par d’autres, qui n’étaient pas guidés par des considérations spirituelles), le réformateur s’est battu contre les usuriers et pour un engagement fort à l’égard des pauvres. Solidaire et responsable, un socialiste avant l’heure ?

Il est tout à fait intéressant de réfléchir à ces parallèles. Une économie sans éthique, le grand commentateur de Calvin que fut André Biéler l’avait déjà dit, ne peut que conduire qu’au désastre. Nous ne pouvons que souligner ces fondamentaux: libre arbitre, responsabilités des tenants du pouvoir politique et économique, exigence éthique, devoir de résistance… merci à l’Eglise protestante de Genève de nous avoir permis de mieux apprécier l’actualité de Calvin. Toutes celles et tous ceux qui revendiquent des limites, une éthique de la responsabilité s’en sentent reforcés, et être de gauche c’est d’abord être cela.

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28/06/2009

14’000 logements sur 135 hectares, Chevrolet aurait-il fumé la moquette?


Michel Chevrolet, animateur actif sur nos ondes locales et par ailleurs vibrionnant Constituant déterre la baguette magique dont Genève rêvait depuis longtemps. Elle s’appelle «Il n’y a qu’à». Il n’y a qu’à… bourrer un périmètre de 135 hectares de 14000 logements ! Et vite fait, car il y en a marre d’attendre.
Oui il y en a marre de la crise du logement. Mais il y en a aussi plus que marre des démagogues du n’y a qu’à et des solutions à l’emporte-pièce qui ne font que créer les problèmes de demain.

Ce périmètre n’est pas une friche urbaine, une zone sinistrée avec rien dedans. Il compte actuellement 21’000 emplois, c’est une zone économique fort active. Y faire des logements est une bonne chose, bien entendu, en faire progressivement un espace urbain de qualité, où il faut bon vivre, un projet mobilisateur.

La pétition du sieur Chevrolet a juste deux petits hics : d’une part, que faire des entreprises et des activités actuellement présentes sur le secteur ? Départ en périphérie pour une zone industrielle, alors que le secteur est excellemment situé en termes de proximité de la ville et de desserte notamment ferroviaire ? Combien d’entreprises et combien d’emplois doivent partir, combien peuvent rester ? Vaste débat dans lequel on s’étonne qu’un élu d’une liste particulièrement proche des entreprises taille allègrement à la hache.
D’autre part, comment passer de actuellement 3000 logements à 14000 ? Ce chiffre fait froid dans le dos: il faudrait 5 fois le Lignon ou 16 fois les tours de Carouge. Il est vrai que le Conseil d’Etat n’a pas été capable de définir clairement les objectifs et les paramètres retenus pour la requalification et le développement de ce vaste périmètre, et a lancé des procédures de préavis dans les conseils municipaux concernés qui ne sont rien d’autres que des chèques en blanc.

Battons-nous donc pour faire aboutir le référendum lancé par la gauche en Ville de Genève pour remettre ce plan sur de bons rails, et notamment en exigeant une parité entre logements et emplois sur le site, et un urbanisme de qualité. Non aux tours de luxe et aux cages à lapins hyperdensifiés que d’aucuns veulent nous imposer à travers une pétition ultra-simpliste, oui à un logement de qualité et aux emplois de proximité.

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06/06/2009

Frank Muller. La moitié de l’effectif passe à la trappe L’Etat regarde passer les trains


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27/04/2009

C'est le moment de reparler de laïcité!


Le débat sur l’islam nous replonge dans des enjeux qui avaient divisé le 19e siècle, et qui s’étaient conclu sur l’affirmation de la laïcité.

Celle-ci repose sur trois piliers:

 

·       La liberté de croyance, qui implique la liberté de ne pas croire, mais aussi celle d’exercer son culte (dans certaines limites).

·       La neutralité de l’Etat par rapport aux croyances et religions, qui implique que l’Etat ou ses agents n’arborent pas de signes religieux.

·       La reconnaissance d’une réalité historique : l’Europe est chrétienne depuis au moins 1500 ans.

 

Les républicains, tout en reconnaissant la valeur de la spiritualité comme voie personnelle, et de l’engagement éthique et social des Eglises, ont toujours été aux premières loges de ces enjeux.

 

Depuis quelques décennies , on relève l’émergence en Occident de religions connaissant des tendances intégristes, tendances qui non seulement s’opposent à ce qu’il y ait débat sur certaines affirmations d’ordre religieux mais entendent les imposer au sein de leur communauté voire au-delà.

 

Face à de telles dérives, on ne peut que réaffirmer cet acquis essentiel de la laïcité: il n’y a de loi que la loi républicaine, et aucun droit communautaire ne saurait valoir contre la loi de la République. Il est temps de rappeler les trois piliers sur lesquels repose le dialogue républicain.

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01/04/2009

Transports publics, illusionnisme libéral

 

Non ce n’était pas un poisson d’avril.

Les libéraux genevois ont choisi les derniers jours de mars pour tenter un coup de bluff dont ils sont passés maîtres. D’un côté on se réclame de la raison avec un grand R, on se prétend proche de l’économie et voudrait qu'il y ait des grands travaux (mais à petit prix s’il vous plaît). De l’autre, dès qu'un chantier dérange, on hurle avec les loups. A Champel on conteste le CEVA, et les libéraux ne sont jamais loin. Sur le tracé du TCOB on exige que les bouchons disparaissent comme par enchantement. "Il n’y a qu’à" reprendre le Pont des Bergues aux piétons et cyclistes, et vive le prochain embouteillage sur ce pont aussi. "Il n’y a qu’à" assurer la libre circulation partout (comment, on se le demande?) et tout ira mieux…

Ce que les libéraux et ceux qui les suivent ne veulent pas comprendre, c’est que mathématiquement on ne peut pas faire passer plus de véhicules au centre-ville que la voirie ne le permet. C’est que la seule solution, à moins de transformer Genève en Los Angeles, pour assurer la mobilité, est de disposer de transports publics, perfomants, prioritaires, à bonne fréquence. On commence à peine, timidement, à aller dans ce sens, à Genève. Ca coûte oui, mais les routes coûtent aussi, mais les transports publics, au moins, nous promettent une solution qui fonctionne. Car la vraie ennemie de la voiture, c’est la voiture elle-même, de par son nombre. Sans priorité aux transports publics sur les grands axes (mais évidemment pas sur les trajets secondaires et périphériques), plus d’accessibilité du tout au centre-ville.

En fait, les libéraux semblent nostalgiques de l’époque où seules les bonnes familles avaient une voiture, et en effet on n’était pas trop gêné par le nombre de véhicules et où on pouvait stationner partout.

Ces temps sont révolus, définitivement, et demander une égalité de traitement entre voiture, tram, vélo et marche à pied est franchement aberrant. Chaque mode de transport doit être utilisé selon ses performances, là où il est le plus adéquat.

Cessons de flatter les réactions irréfléchies ! Il est vrai que pour les libéraux, on dirait que les transports publics sont pour les autres, dès lors en effet on ne peut pas s’y identifier. Ca leur dirait, aux libéraux, de vivre un peu avec leur temps ?

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01/03/2009

Relance verte, l'irresponsabilité fédérale

Frappés par la plus grande crise de ces dernières décennies, les Etats de l’OCDE ont injecté ces six derniers mois dans l’économie défaillante entre 3'000 et 11'000 milliards de CHF (selon les estimations).
En partie en pure perte (sur les 64 milliards reçus de la Confédération l’UBS en a déjà perdu 20), mais aussi dans des secteurs sans véritable avenir, comme l’automobile (le moteur à explosion contribuant puissamment au renforcement de l’effet de serre et à l’épuisement des réserves en pétrole).
Pourtant ces sommes fabuleuses devraient donner le pouvoir de faire le ménage, et de soutenir ce qui a un avenir et fait sens par rapport aux vrais besoins du monde. C’est ce que l’ONU a appelé le Green New Deal : énergies renouvelables, rénovation du parc immobilier, déploiement de la voie ferrée, autonomie alimentaire, réponse aux besoins des plus démunis dans le monde (1,1, milliard d’êtres humains n’ont pas de toit, 1,6 milliard pas d’eau potable et pas d’assainissement digne de ce nom). La voix du bon sens même. Il n’en reste pas moins que pour l’essentiel les milliers de milliards ont été versés dans le gouffre sans fond du développement actuel, dont on sait pourtant qu’il n’est pas durable.
Saisissons l’occasion de la crise pour faire le tri et permettre à nos sociétés, au lieu de préparer la prochaine crise, de prendre les bonnes options et de se redresser véritablement.
L’extrême prudence du Conseil fédéral est ici incompréhensible et pas acceptable. Les crédits pour l’énergie solaire sont épuisés, le parc immobilier est assaini au compte-gouttes, la recherche énergétique démobilisée, où sont les priorités? Ce qui se passe à Berne tient de l’irresponsabilité.

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13/02/2009

Tabagisme passif - vaste fumisterie des autorités et incroyable déni de la volonté populaire

Voici une année, presque jour pour jour, le 24 février 2008, le peuple adoptait, par un taux de participation élevé, de près de 62%, et à près de 80%, une initiative populaire. Celle-ci interdit de fumer dans les lieux publics intérieurs ou fermés, notamment les bâtiments et locaux fermés de l'Etat, des communes et d'autres institutions publiques, tous les bâtiments ouverts au public, tous les établissements publics et les transports publics et professionnels de personnes.
C'est clair, non? Clair, net et définitif, pourrait-on croire.
Or la petite minorité de perdants (représentant 29'363 votants), depuis, joue au chat et à la souris avec la démocratie (soit avec les 111'562 personnes ayant voté pour l'initiative).

Premier acte: le Conseil d'Etat, drapé dans ses certitudes, oublie de consulter le Grand Conseil pour la loi d'application et pond de son propre chef un règlement. Le Tribunal Fédéral ne manque pas de rappeler cette «informalité» à nos gouvernants. Du coup, l'application de la décision populaire est suspendue, dans l'attente du vote de la loi. C'est le choc, la déception: on s'était habitués à la liberté de ne pas être enfumés, la large majorité qui a voté oui se trouve bafouée et ne peut jouir de son droit à la santé pourtant inscrit dans la Constitution (nouvel Art. 178B, protection de l'hygiène publique et de la santé).

Deuxième acte. Le Grand Conseil, enfin saisi de la fameuse loi, s'empresse de la dénaturer et de transgresser la décision populaire en autorisant des espaces fumeurs appelés «fumoirs». A une très faible majorité, mais majorité quand même. Le PDC a fait la différence, en désavouant son propre ministre de la santé, et en lui préférant les fumisteries des tenants de la clope et les fantasmes fumeux de certains cafetiers.

Troisième acte. Cette torsion du vote populaire ne suffisant pas pour satisfaire l'appétit de fumée de certains, le référendum est lancé par un quarteron de tabacco-dépendants. Si on cherchait des preuves des méfaits du tabac, en voici une belle: certains semble-t-il en perdent quasiment la raison!

Une année après le vote, c'est l'embrouillamini le plus total, la volonté populaire est bafouée, et pire, ceux qui osent lancer le référendum le font en se réclamant d'elle!! Faut-il confirmer tous les ans un vote du peuple pour qu'il soit pris au sérieux? Comment empêcher citoyennes et citoyens de penser qu'à Genève on vote pour rien? Je rappelle donc que dans quelques mois, les responsables de cette belle gabegie se présenteront devant nous pour requérir nos voix, comme si de rien n'était. Ce sera l'occasion de leur rappeler que quand on prête serment de servir le peuple et de respecter sa volonté, on s'engage à le faire. Il faut que cet automne le déni du vote populaire du 24.2.08 soit un thème de débat, comme symbole et illustration de l'exigence de crédibilité qui fait ou défait la politique.

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03/02/2009

Votations du 8 février, deux sujets en grand danger. Genevoises et Genevois encore un effort!


En période de crise, on redouble de méfiance.
Mais attention de ne pas se tromper d’objet.
Parmi les sujets de votation cantonale et fédérale, deux me semblent particulièrement en grand danger.
D’une part les bilatérales. La majorité populaire semble contre tout rapprochement européen de la Suisse. La voie bilatérale a été choisie pour néanmoins codifier les relations avec nos voisins, sachant que sur deux francs un est gagné dans les relations extérieures.
Si même les bilatérales ne trouvent plus grâce, comment alors organiser les relations avec nos voisins ?
Il n’y a pas vraiment autre chose de possible, dans la situation actuelle.
Moins que cela, cela n’existe pas ! A moins d’avancer la tête dans le sable.
Reste la crainte des plus de 50'000 frontaliers. Ce serait mensonger de nier les situations de sous-enchère salariale et de concurrence sur le marché de l’emploi, chacun-e en a été témoin.
Mais je pose la question : le refus des bilatérales n’y changera strictement rien.
SI ce ne sont pas les frontaliers ce seront d’autres catégories de travailleurs, de plus loin, même clandestins.
Car la cause est tout autre : dans l’absence de contrôles sur les places de travail, dans la difficulté d’imposer véritablement les conventions collectives, de lutter contre les employeurs moutons noirs. La faute n’est pas chez les travailleurs qui acceptent ces conditions, toujours meilleurs semble-t-il à ce qu’ils trouvent ailleurs (où la vie est nettement moins chère soit dit en passant) mais chez les employeurs qui pensent profit à court terme. L’économie craint qu’un non sorte des urnes, qui nous compliquera à tous la vie, mais elle doit absolument balayer devant sa propre porte et collaborer davantage avec l’Etat et les syndicats pour contrer efficacement la sous-enchère sociale bien trop répandue.
C’est cela la réponse aux craintes des Genevoises et Genevois et la fermeture des frontières n’y changera rien du tout. Nous sommes liés depuis des siècles à un arrière-pays frontalier, l’enjeu n’est pas dans la rupture des relations ou la non-relation mais dans l’organisation et la maîtrise des conditions de travail à Genève même.

L’autre sujet menacé est la possibilité du vote électronique. Les opposants à cette possibilité font comme si on allait introduire ce mode de vote demain. Cela est faux. On nous propose de modifier la constitution pour permettre, une fois que l’on aura encore bien vérifier toutes les conditions, de modifier la loi pour aller dans ce sens. Voici quelques décennies, l’abstentionnisme sapait la légitimité de beaucoup de votes. Les élus se contentaient d’un tiers de participants au vote, divers textes de loi ont été (mal)traités avec encore moins de votants. Intérêt et légitimité en baisse. Le vote par correspondance a inversé la tendance, et quoi qu’en pensaient les nostalgiques du seul bureau de vote, la tendance au désintérêt s’est inverse. La démocratie et les modes de vote doivent également aller avec leur temps.
Ces dernières années diverses expériences avec le vote électronique ont été mises sur pied. Il est intéressant d’observer que d’emblée, et dans toutes les communes qui se sont prêtées au jeu, qu’il s’agisse d’Anières ou d’Onex, 20% des électrices et électeurs ont opté pour ce mode de vote. Là aussi on ne comprendrait pas pourquoi on peut faire des payements par internet, réserver un billet d’avion, signer des contrats, bref gérer sa vie quotidienne et parfois d’importants flux d’argent, sans risque et complications (le e-banking, ça existe !!) et que pour les votations il y aurait mille et une certitudes ? Une chose est claire, s’il y a moyen de frauder, c’est au niveau du vote par correspondance. On peut prendre l’enveloppe du voisin qu’on sait absent, imiter sa signature, et le tour est joué,voter à la place de sa grand-mère qui ne s’y intéresse plus parce qu’à 90 ans elle se désintéresse, voter en famille… Tout cela est connu et pourtant personne ne pourrait revenir sur un mode de vote qui s’est complètement généralisé. Le vote électronique est bien plus sûr et constituerait le 3e pilier de notre expression démocratique. Alors pourquoi se priver d’y avoir recours, un jour ? Ce n’est rien d’autre que cela qui est proposé aux Genevoises et Genevois. Alors si on y a goûté comme c’est le cas des 8 communes qui ont fait les essais de ces dernières années, on n’a plus envie d’y renoncer !

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29/12/2008

Crise financière, crise climatique, même combat

Alors que les preuves scientifiques d’un changement climatique sont de plus en plus évidentes (fonte des glaces notamment), il n’est toujours pas sûr que l’humanité parvienne à prendre les décisions qui s’imposent.

Certes, un verrou essentiel a sauté voici deux mois avec l’élection d’un nouveau président américain dont le programme affirme explicitement qu’il faut réduire d’ici 2050 de 80% les émissions de gaz à effet de serre.

Certes, les Etats africains ont signé la déclaration que l’Union européenne leur a proposée, à savoir d’inscrire leur développement dans la préservation des équilibres globaux, dont il est par ailleurs tributaire (désertification, modification du régime hydraulique, etc.). La Chine, également, semble prête à s’inscrire dans une telle démarche.

Mais voilà que la crise financière vient tout remettre en question. Les Etats naguère leaders en matière climatique tels que l’Allemagne se complaisent à défendre les mauvaises performances de leur industrie automobile, insouciants du fait que GM et les autres géants de l’auto américaine sont quasi en faillite, entre autres pour avoir raté le virage de la voiture économique.

Occulter les exigences de la crise climatique sous l’effet de la crise financière est une très mauvaise option. Déjà maintenant des études montrent que les répercussions du changement climatique vont être majeures sur nos économies. Au lieu d’alléger les effets de la crise financière, les deux crises vont s’associer et ne feront qu’accroître nos difficultés.

La sagesse veut que l’on identifie des mesures qui répondent à la fois à la crise financière et à la crise climatique.

• Une première réponse à la crise est certainement de ne pas mettre tous ses œufs (financiers) dans le même panier bancaire, et de miser sur des systèmes de gestion de fonds le plus autonomes possible par rapport aux soubresauts spéculatifs planétaires. Pour créer ce supplément d’autonomie face au système spéculatif mondial, favorisons les placements verts, les fonds de proximité, les banques alternatives et régionales.

• Une deuxième réponse est dans la nécessité d’un comportement anti-cyclique. Celui-ci doit être l’occasion d’orienter les investissements dans une direction favorable tant à l’économie qu’à l’environnement : les investissements dans les économies d’énergie et l’assainissement du parc immobilier en sont un bon exemple. Les cibles sont, au niveau mondial, l’énergie solaire, le reboisement, l’agriculture vivrière, les systèmes de transports publics. Quand le gouvernement français offre une prime pour tout automobiliste se débarrassant d’un véhicule de plus de 10 ans au profit d’un véhicule plus écologique, il va dans cette direction.

• Enfin, s’il faut favoriser l’investissement, on fera bien en revanche de revisiter les dépenses de fonctionnement. A nouveau nous pouvons faire coup double. En effet, une utilisation plus ménagère de l’énergie, une réduction des activités à forte charge en énergie grise, une minimisation des gadgets inutiles, sont autant de postes financiers où l’on peut économiser aujourd’hui et demain.

Autrement dit, la crise financière nous offre une possibilité à ne pas négliger de réorienter notre développement dans la bonne direction et de savoir rebondir en faisant coup double ! Ce serait très regrettable de ne pas en retenir les leçons et de continuer à foncer dans la fausse direction

15:22 Publié dans Développement durable, Environnement, Politique, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

09/11/2008

Droit de recours L'Etat au dessus des lois? Inégalité de traitement inacceptable entre secteur public et privé, de la part du parti du moins d'Etat!



Les chiffres sont clairs

- Un nombre insignifiant de tous les recours en matière de construction et d’aménagement sont le fait de la trentaine d’associations d’importance nationale, qui, en fonction d’un but d’intérêt général auquel elles se vouent, peuvent faire réexaminer par la justice une autorisation de construire.
Le but de ce droit est simple : alors que les auteurs des projets d'aménagement sont capables de se défendre, la nature a besoin d’avocats pour que la pesée des intérêts puisse se faire équitablement. Ce rôle a été confié par le législateur à ces associations dont le Conseil fédéral a défini la liste précisément.

-Un nombre particulièrement important, par contre, de ces recours sont validés par la justice ; dans pratiquement deux tiers des cas, les associations recourantes obtiennent gain de cause. Dès lors, force est de constater que, sans l’existence de ce droit, un certain nombre de projets auraient été réalisés alors que les autorisations accordées n’étaient pas conformes au droit !

Difficile de trouver cela normal. De deux choses l’une. Soit le droit applicable est jugé adéquat - et il a toujours été un moment donné l’objet d’une décision parlementaire - et il faut l’appliquer. Soit il n’est de l’avis général pas adéquat, et il faut en proposer le changement. Toutefois, tant qu’il est en vigueur, il doit être respecté. Chercher d’autres biais, c’est tout simplement bafouer les décisions du législateur, et ouvrir grandes les portes à une toujours dangereuse relativisation du droit.

Le droit de recours est donc salutaire en soi. Il est aussi salutaire en ce sens que sa simple existence exerce un effet préventif, à la fois sur les concepteurs de projets, et sur les autorités de décision.

Diverses précisions et restrictions lui ont été récemment apportées, notamment en obligeant tout recourant à faire préalablement acte d’opposition, en réglementant les accords extrajudiciaires, et en obligeant à rendre publiques les transactions financières passées dans ce contexte. Lancée avant ces restrictions, l’initiative du parti radical suisse soumise au vote le 30 novembre prochain a ceci de particulier qu’elle voudrait limiter le droit de recours aux projets privés. Les projets des collectivités seraient exemptées du droit de recours des associations, qui ne pourrait plus s’exercer, et pourraient donc être au-dessus de la loi. Curieuse position de la part d’un parti qui se dit pour moins d’Etat et proche des entreprises, et bel autogoal!

Les risques d’application insuffisantes des lois sont au moins aussi grands pour les projets publics que pour les projets privés. Dans le cas de projets publics, il est parfois difficile à une administration d’en désavouer une autre, à un membre d’un exécutif de contrer un collègue, ou de fâcher l’opinion publique. Il n’y a aucune raison d’exempter les projets des collectivités de la possibilité d’un contrôle juridictionnel, au contraire : la collectivité ne doit pas être au bénéfice d’exceptions, mais être exemplaire dans l’application de la loi, qui est tout simplement la loi de tous. Il serait inacceptable de réserver le droit de recours aux projets privés (particuliers et entreprises). C'est pourtant exactement cela que l'initiative du parti radical suisse, désavoué par sa section genevoise heureusement, prévoit.

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26/10/2008

Râler ou voter, faites votre choix

Je n’arrête pas, depuis que suite à un jugement du Tribunal Fédéral on peut de nouveau fumer dans les cafés et restaurants (ceux qui l’autorisent naturellement), de croiser des personnes protestant contre le vote populaire (pourtant massif) du 24 février dernier.
A écouter les râleurs et surtout leur nombre, on se demande qui donc a vraiment dit oui à l’interdiction de la fumée dans les lieux fermés. Où a donc passé cette large majorité du 24 février ? Partie en fumée ? En tous cas, entre la vox populi telle qu’elle se manifeste et le résultat sorti des urnes, il y a comme un fossé.
De même pour la Constituante. L’avis est unanime : une assemblée de vieux, même pas sûrs que ce seront des sages, de profs et de juristes déconnectés de la vie de tout un chacun, pas de jeunes, pas de femmes ou si peu... A croire que l’élection n’a pas eu lieu, ou qu’elle s’est déroulée en petit cercle et que la populationà qui on communique le nom des élus en découvre hébétée les résultats. Comme si électrices et électeurs n’avaient eu aucun rôle à jouer...
Un peu facile tout cela ! La plupart des femmes, des jeunes, des jeunes femmes qui m’ont fait savoir leur déception… m'ont avoué n’avoir pas été voter. Mathématique pourtant, si on laisse les autres décider à sa place, ça a de fort risques de ne pas aller dans la direction que l’on veut.
La leçon servira-t-elle ? Même si l’enjeu ne vous passionne pas, un peu de solidarité, entre jeunes, entre femmes, ce serait bien ! Râler ou voter, faites votre choix!

21:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

12/10/2008

Crise financière: tout va bien, madame la marquise...


Pendant que budgets privés et publics obligent à des choix douloureux, voilà que dans le monde irréel de la haute finance des milliards de milliards partent en fumée. L’économie réelle va-t-elle être entraînée dans le gouffre de l’économie fictive de la bulle spéculative?

Il appartient à cette occasion de réaffirmer trois choses:

1)    L’exigence de la régulation, de l’existence d’un Etat capable de le faire. La main invisible va tout régler nous a-t-on rebattu les oreilles durant les 20 dernières années placées sous le signe du moins d’Etat. Et l’attitude plus qu’en retrait du Conseil fédéral me fait penser à la France qui en 1986 affirmait que le nuage radioactif de Tchernobyl s’était arrêté sur les rives du Rhin! La Suisse vivrait-elle sous une bulle, alors qu’elle s’est de plus en plus placée sous la dépendance des mouvements financiers internationaux? Même George Bush a dû en toute fin de mandat ravaler son chapeau et tirer un trait sur la doctrine de la non-intervention.

2)    L’exigence d’une politique économique qui ne brade pas les savoir-faire et les marchés locaux, qui accorde la priorité aux besoins des PME, bases du tissu économique, qui construise sur des options à long terme au lieu d’être avant tout opportuniste et attrape-tout. Genève place-forte financière doit aussi se rendre compte de la volatilité des placements financiers et cesser de considérer comme secondaire le local et les PME.
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3)    L’exigence d’une politique sociale forte qui évite qu’en cas de soubresaut majeur, on aille encore plus dans le sens d’une société à deux vitesses.

Il est temps que les élus disent clairement aux acteurs de l’économie réelle : nous sommes avec vous, nous nous battons avec vous pour que l’argent soit au service de l’économie et pas le contraire.

Les partis de droite ne cessent de flatter les entreprises et se mettre en scène comme leurs défenseurs. Mais quand il convient d’agir, généralement ils faiblissent, succombant à leur immense respect pour le monde de la finance.

Et à moins d’une semaine de l’élection de la Constituante, il n’est pas sans intérêt de relever que dans la constitution actuelle on ne trouve pas un mot sur des missions ou des objectifs assignés à l’Etat en matière économique et sociale. Voilà une lacune majeure qu’il importera de combler. Soutien aux PME et inscription d’un salaire minimum dans la loi sont pour moi les deux faces d’une même volonté politique.

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