17/02/2008

Développement urbain: tirer les leçons du passé




Peu à peu un nouveau consensus se fait jour sur le développement de Genève. D’une part au niveau de la vision spatiale. Depuis quelques années, contrairement aux décennies précédentes, plus personne n’ose penser Genève sans penser région. Progrès important : les acteurs acceptent de prendre en compte les responsabilités et les conséquences de leurs décisions sur l’espace commun. D’autre par,t contrairement là aussi aux décennies précédentes, le développement est accepté dans son principe et Genève se réconcilie avec son destin de centre assumé d’une région en construction.

A travers des démarches comme le projet d’agglomération, des pôles de développement s’esquissent côté Ouest et Sud. Des critères doivent maintenant être posés. J’en rappelle quelques-uns qui sont à mon sens des exigences pour une vraie urbanisation qui donne du sens et non pas une juxtaposition de projets qui finiront par remplir le territoire mais qui ne forment aucunement une trame cohérente.

- L’avenir de la zone agricole ne doit pas être discuté que sous l’angle d’une réserve de terrains à bâtir, mais en fonction du type d’approvisionnement que nous voulons. Le canton a mis en place une e promotion de l’agriculture de proximité pour notamment des raisons de bilan énergétique (lié aux transports) et il faut maintenant définir quel est le besoin objectif en terrain dans toute la région pour assurer cette politique. Je considère normal qu’une agglomération soit d’abord alimentée par des produits de proximité !
- La biodiversité que des accords internationaux nous imposent de préserver ne se garantit pas que par la délimitation de réserves naturelles et de zones protégées mais doit être promue sur tout le territoire. A travers des mesures adaptées à chaque zone (principes de gestion) il s’agit, là aussi en fonction de considérations objectives, d’assurer de l’espace aux espèces (il n’y a pas que l’espèce humaine sur terre !).
- En matière de transports, le programme de (re) mise en place sur les grands axes d’une desserte tram et ferroviaire va encore prendre une décennie avant de pouvoir réellement prendre en charge les flux de pendulaires ; il doit absolument être complété de parkings d’échange, de modérations du trafic et d’itinéraires pour la mobilité douce en plus grand nombre.
- Enfin la crise du logement exige d’intensifier la mise à disposition d’appartements pour toutes les catégories sociales, des LUP à la PPE. Avec le logement va naturellement tout un programme d’équipements : écoles, places de jeu, commerces, espaces de rencontres, etc. qui font que la réponse au besoin de logement ne peut jamais être détachée de l’aménagement urbain dans son ensemble, son agencement et également son impression d’ensemble.
La crise est partout et la réponse ne peut être que la création de nouveaux quartiers et la densification qualitative des espaces existants. A ce titre il est essentiel de ne pas opposer quantité et qualité. Des quartiers tout à fait conviviaux peuvent exister dans des zones très denses, et l’univers pavillonnaire et certains espaces de nos banlieues hérissés des tours et des barres des années 60 et 70 montrent qu’une densité moindre ne garantit aucunement la qualité du tout.

Il faut donc urbaniser. Mais de grâce tirons les leçons des erreurs et des zones (immeubles ou villas) faites de juxtapositions incohérentes et en répondant aux autres exigences de notre temps. A cet égard, les critères actuellement discutés et promus autour de la notion d’écoquartier me semblent particulièrement pertinents: minimisation de l’empreinte écologique par l’agencement des constructions, de la mobilité et du chauffage (énergie, eau), promotion de la biodiversité et des matériaux sains, d’une alimentation de proximité et minimisation aussi des déchets. Une grande attention est accordée à la mixité, à l’animation et à la prise en charge par les habitants, aux espaces publics, aux lieux de réunion et à la convivialité.

Une bonne partie de la réponse aux défis du logement, des transports, de la mobilité et de la qualité de l’espace se trouve dans ces orientations. C’est elles qu’il faut favoriser et promouvoir. La ville de demain sera une écoville, les nouveaux quartiers et les quartiers existants conçus selon les critères des écoquartiers. En fait ces critères ne font qu’actualiser ce que les paysagistes et urbanistes du début du 20e siècle avaient imaginé sous forme de cité-jardin, de cités ouvrières et coopératives etc. Cessons la ghettoïsation sociale du territoire, ghettos de riches ici, ghettos de pauvres là et admettons que ce sont précisément les moins bien lotis qui ont le plus besoin de cohérence urbaine. C’est leur faire injure que de limiter notre intervention à une pure réponse quantitative à la crise du logement.

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03/02/2008

Le 24 février: un grand oui à la Constituante

Dans trois semaines nous saurons si Genève reste le Sonderfall, seul canton à n’avoir pas osé se lancer dans la dynamique démocratique de la réécriture de sa constitution.
Datant de 1847 ( !), issue de la « révolution radicale » et rapiécée plus de 100 fois, elle est illisible, peu cohérente, avec des densités rédactionnelles très variables, pleine de lacunes.
On cherche en vain une liste des tâches de l’Etat, un catalogue des droits sociaux, une définition du rôle des communes...

Sur les panneaux d’affichage je découvre d’étranges slogans. Il semblerait que voter pour une élection d’une constituante conduirait à réintroduire la chasse dans le canton, le nucléaire et même à supprimer le droit au logement. Craindre cela c’est méconnaître totalement comment ont fonctionné les 25 processus de révision totale des 25 constitutions cantonales qui ont eu lieu ces 40 dernières années.

Dans aucun cas il n’y a eu recul en matière de protection de l’environnement ou de droits sociaux. Au contraire, la légitimité du rôle de l’Etat en est sortie renforcée et la transparence de ses processus également : programmes de législature, indicateurs d’efficacité, accès à l’information, droit de vote pour les étrangers sont autant d’acquis de ces travaux. Qui ont par contre presque toujours suscité l’opposition de la droite conservatrice (UDC et libéraux selon les cantons). Et toujours été validés en votation populaire.

Si on se donne la peine de lire la constitution actuelle, que voit-on ?

•    Un luxe de détails sur certains points, qu’on pense aux articles sur le Conseil d’Etat (par exemple l’article 123 !), le Grand Conseil, le Conseil municipal de la Ville de Genève, sur les SIG… même des tarifs y figurent (voir art. 36 et 37).

•    Mais presque rien sur d’autres points : rien sur les tâches des communes, (par contre on s’étend avec force détails sur leur organisation), sur les relations entre Parlement et Gouvernement (le programme de législature n’est même pas cité), rien sur les objectifs économiques et sociaux du canton (il faudrait interpréter les maigres indications figurant dans les articles parlant de l’Hospice général pour les objectifs sociaux et de la Banque cantonale pour les objectifs économiques).

•    Pour les tâches de l’Etat, on trouve, placés au hasard des révisions partielles des dernières décennies, le soutien à la famille, le droit au logement, l’égalité entre hommes et femmes, la protection de l’environnement (qui décrit plutôt la notion de développement durable), la politique de l’énergie, l’interdiction de la chasse, « l’assistance publique », et tout ceci à des niveaux de rédaction très variables. Parfois ce sont des intentions, parfois des attributions de compétence, alors qu’il faudrait une systématique (compte tenu bien entendu des contraintes du droit fédéral).

•    En cherchant les droits individuels, on trouve là aussi pêle-mêle, l’inviolabilité du domicile, la liberté du commerce et de la presse, celle d’établissement, le droit d’enseigner (ce dernier réservé aux Suisses !), le libre choix du mode de transport, selon 160A (mais l’obligation de l’Etat de favoriser la mobilité douce, dans l’article sur l’énergie, 160E, al 3, lettre b), le droit de pétition (à l’art. 11, juste après celui sur le droit au logement, mais le droit de pétition devrait logiquement figurer au chapitre des institutions), un droit à l’instruction qu’on peut déduire de l’article 162 al. 2. Là aussi les formulations sont disparates et occupent tout l’éventail entre une liberté justiciable devant un tribunal et un objectif assigné à l’Etat (politique des transports, du logement ou de la famille) non concrétisable en justice.

•    On peut aussi s’étonner de la disparité dans le traitement des établissements publics tels que les SIG (titre XA), les TPG (art. 160 C), l’HG (art. 170) ou la BGC (article 177). Il faudrait viser une égalité de description des objectifs et des modes d’organisation.

Et si cet inventaire ne devait pas suffire à vous convaincre ? Deux autres éléments encore.
Le mode de travail de la constituante prévoit des processus participatifs, et il faudra les organiser de manière forte et crédible, car l’enjeu est de taille : définir ensemble le rapport entre la sphère individuelle et la sphère sociale, le rôle et le fonctionnement des divers niveaux de l’Etat.
Et à la fin, il y aura la sanction populaire. Je ne vois pas comment le même peuple qui a voté contre la chasse sur le territoire cantonal, le refus du nucléaire et le droit au logement validerait une constitution qui reviendrait en arrière sur ses propres décisions.

En un mot comme en cent la dynamique vaut la peine d’être lancée.

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21/01/2008

Un Parti socialiste pour quoi faire?

Il y a des personnes à qui l’individualisme, le chacun pour soi convient. Il y a des personnes qui pensent qu’il en résultera comme par enchantement le meilleur pour tous. Il y a des personnes qui pensent qu’il n’y a pas besoin de vision collective ni de projet fédérateur, que tout finira par s’arranger…

L’histoire enseigne que les sociétés qui vont bien sont celles qui trouvent un bon équilibre entre liberté et responsabilité, entre initiative privée et cadrage collectif, esprit d’entreprise et égalitarisme. Depuis leur fondation, au plus fort de la révolution industrielle, au milieu du 19e siècle, les socialistes ont affirmé ces exigences, insisté sur la nécessité de donner du sens aux activités humaines, à orienter le progrès vers des valeurs sociales et humaines, de se donner les moyens de déterminer collectivement ce qui est un fait collectif.

La question de l’Etat a toujours été la pierre d’achoppement du mouvement socialiste : outil nécessaire de l’équilibre et du bien commun, et certains se sont fourvoyés, les uns en niant tout pouvoir coercitif (le cas, très minoritaire, du courant anarchiste) et d’autres, nettement plus nombreux, dans le sillage de la révolution russe mais pas seulement, en souhaitant à l’inverse un pouvoir sans partage. Dès les années 20, le socialisme démocratique a pris ses distances avec l’étatisme, soulignant que l’Etat devait être d’autant plus soumis au contrôle démocratique, aux procédures transparentes et au respect des droits humains qu’il est obligé d’intervenir au sein de la société pour protéger le faible du fort, assurer l’équité et l’intérêt général.

Cet Etat est un Etat subsidiaire, qui assure les garde-fous nécessaires, qui favorise l’engagement citoyen et l’entretien du tissu social, qui encourage les individus à se prendre en charge et compense les inégalités. Tout en ne se laissant pas abuser par ceux qui refusent de mettre la main à la pâte, un tel Etat tant régulateur que partenaire reste sans illusion sur l’ambiguïté de la nature humaine.

Aujourd’hui plus que jamais, les valeurs de socialisme démocratique sont indispensables pour assurer les contrepoids nécessaires à la loi du plus fort, à la froideur d’une fuite en avant dans le toujours plus et la perpétuation des inégalités. Les ressources de la Terre doivent être partagées entre tous les humains, en pensant aux plus démunis d’abord, l’égalité de chances et de droit assurée. A ce titre il n’y a pas de séparation entre le mal infligé à la nature et au mal infligé aux humains, mais un seul souci, celui de gérer la Terre des humains de manière responsable et respectueuse.

Les socialistes savent que les premiers à souffrir de la raréfaction des ressources due à la surexploitation de la Terre sont les plus pauvres ; le changement climatique, généré par les pays industrialisés mais dont les victimes sont d’abord les pays pauvres, illustre très bien ces convergences entre préoccupations écologiques et sociales. Seul un cadrage efficace de l’économie, de la technique et des comportements pourra nous permettre d’assurer un avenir vivable, et à nouveau cette primauté du collectif signale le bien-fondé et la nécessité d’une social-démocratie forte.

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13/01/2008

Taxe sur les combustibles, une mesure insuffisante




Juste avant Noël la Tribune de Genève publiait un éditorial «Taxe CO2 : ça va chauffer pour les locataires» (E. Bolleter, 21 décembre). Cet article vise juste mais occulte certains points, que je voudrais développer ci-dessous.

Précisons tout d’abord que, comparée aux autres prélèvements effectués sur les produits pétroliers, avant tout de nature fiscale, la taxe est relativement indolore, de quelques centimes seulement. Pour la «sentir passer», il faut vraiment consommer beaucoup…

Ensuite, le but de la taxe n’est pas d’alimenter la caisse de l’Etat, mais d’inciter à moins consommer. Son produit sera restitué forfaitairement aux ménages, comme cela se fait maintenant depuis plusieurs années avec la taxe sur les composés organiques volatils (COV), soit des polluants largement utilisés dans les colles, les peintures etc. Cette restitution vient en déduction des factures d’assurance maladie et est d’environ 15.- par année. Bien entendu un tel système n’a de sens que si des possibilités de substitution existent. Pour les COV, de nombreux produits sans solvants sont disponibles et d’ailleurs les émissions de COV ont reculé des deux tiers depuis l’introduction de cette taxe.

S’agissant du chauffage, 40% de la facture pétrolière est due à ce poste, plus important que les transports, aviation et route réunis. Pour l’essentiel, cette énergie est aujourd’hui consommée en pure et perte ressort littéralement par la fenêtre de nos maisons mal isolées. En effet, la consommation énergétique moyenne de notre parc immobilier suisse est de 700 MJ/m3 - soit 6 à 7 fois plus que les bâtiments à haute performance énergétique que l’on sait construire aujourd’hui, selon des standards comme minergie P ou minergie-éco !

Et chaque jour, des décisions d’investissement se prennent au niveau des gestionnaires du parc immobilier, et chaque jour des investissements ne sont pas faits parce que le comparatif entre le coût du pétrole et le coût des mesures d’assainissement n’est pas encore suffisamment en faveur de ce dernier...

Dans tous les cas, quelques centimes d’augmentation du mazout ne sont qu’un timide avant-goût des augmentations brutales et imprévisibles qui risquent de nous être imposées par les multinationales du pétrole et les Etats producteurs. C’est de cela qu’il faut se rendre indépendant.

Maintenant il est vrai que la taxe frappera les locataires, qui sont les deux tiers de la population, et que ceux-ci n’ont qu’une petite marge de manœuvre. Encore que, sachant que chaque degré de plus représente 7% de consommation en plus, on doit se demander s’il faut vraiment surchauffer nos appartements au point de s’y sentir en plein été…

Il faut donc travailler en finesse. Si les locataires voient augmenter leurs charges, cela va politiquement augmenter la pression pour renforcer les exigences énergétiques car tout ce qui sera économisé allègera directement leurs factures. Reste que cela ne constitue pas un stimulant suffisant pour le propriétaire, et comme le rythme naturel de renouvellement du parc immobilier est de 100 ans et de rénovation majeure de 30 à 40 ans, sans un plan volontariste d’assainissement de ce parc, comportant des subventions ou des prêts préférentiels aux propriétaires à la clé, on continuera à transformer du pétrole en CO2 - en pure perte pour nous mais de manière lourde de menaces pour la biosphère dans laquelle nous vivons.

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22/12/2007

L’Escalade, à Noël, le sens d’une commémoration


Pour beaucoup l’Escalade est un déploiement de costumes et de cortèges, des gens portant habits et armes d’il y a 400 ans, juste sortis des musées, une mascarade et des tas de marmites en chocolat partout. Une touriste espagnole m’a même demandé si toutes ces marmites étaient là pour célébrer l’invention, qu’elle situait en 1602, du chocolat, qui venait d’être importé du Pérou…

Pour d’autres, à l’époque du lancement du projet d’agglomération valdo-franco-genevois, se réjouir d’une victoire sur nos voisins est à la fois anachronique et passéiste.

Ce qu’on sait moins, mais la mention de la «nuit la plus noire » le souligne, c’est qu’en réalité l’Escalade eut lieu entre le 21 et le 22 décembre, selon le calendrier d’aujourd’hui. Donc tout près de notre Noël. Mais la vieille Genève n’avait pas encore adopté ce calendrier des Papes, dit le calendrier grégorien…

Personnellement je me réjouis de la commémoration de plus en plus large et populaire de cette page d’histoire, dans une cité qui tend à oublier d’où elle vient, et dont beaucoup de visiteurs ignorent tout de son passé.

Cette commémoration, assurée depuis des décennies par l’engagement sans faille d’une société privée, on dirait aujourd’hui une ONG, la Compagnie de 1602, et qui mériterait davantage de reconnaissance, est en fait riche de sens

-    Elle nous rappelle l’importance du fait religieux dans l’identité genevoise : c’est l’option pour la forme rénovée du Christinanisme, la foi réformée, qui a fait que Genève a pris son indépendance politique, s’est dissociée clairement de son arrière-pays, la Savoie, rive gauche (qui rappelons-le ne rejoignit la France qu’à l’issue de la formation de l’Etat italien, en 1860), la France, la rive droite du Rhône, toutes deux fermement catholiques et en mains à l’époque de la contre-réforme inspirée par le grand François de Sales.

-    Elle nous rappelle que Genève dès lors fut terre de refuge, certes uniquement pour ses coreligionnaires, mais refuge tout de même, et que c’est finalement un étranger, Calvin, qui forgea son destin ! Que les éternels râleurs se le tiennent pour dit.

-    Elle nous rappelle surtout que dès le lendemain de l’attaque ratée de 1602 fut conclu un traité de paix, la paix de Saint-Julien, en 1603.

Depuis, cela fait 404 ans, bientôt 405, que Genève est en paix avec ses voisins. Nous pouvons donc, avec nos hôtes Français et nos voisins Savoyards, fêter sans remords l’Escalade, puisque, en la fêtant, en réalité, nous fêtons ce qui a permis à Genève de vivre en paix avec son voisinage. En fait, l’Escalade, c’est le début d’une longue période de paix qui perdure encore et qu’il s’agit de transformer en véritable coopération organisée, passant du bon voisinage à la gestion commune de notre agglomération.

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09/12/2007

Repenser Noël

La période des fêtes qui commence - elle s’étend en fait sur un bon mois, depuis la Saint-Nicolas jusqu’aux Rois - offre un de ces moments de respiration dont nous avons besoin. Comme à l’autre bout de l’année, le fait la rupture bienvenue des grandes vacances. Ces rythmes ancestraux nous sont nécessaires, et soulignent le côté qualitatif du temps.

L’époque bénie de Noël rappelle immanquablement les images de demeures enneigées, de sapins décorés, évoque des souvenirs de saveurs de miel et de noix. La cheminée et son feu, la convivialité, le temps partagé, la méditation, le retour au foyer, les bons repas, les visites, le changement de rythme...

Mais Noël c'est aussi, encore et toujours, la folie de la consommation, la frénésie de cadeaux aussi embarrassants qu’inutiles, les gadgets en nombre, du poivrier électrique au enième jeu électronique. Une bonne partie de ces objets souvent Made in China auront mieux faits de ne jamais être produits.


L’esprit de Noël devrait être l’esprit de partage, pas l’esprit d’accumulation, l’affection que l’on veut exprimer le sera bien davantage par une présence, du temps partagé que par un cadeau futile. Les meilleurs souvenirs ne sont-ils pas ceux que laisse une découverte, une action, un moment particulier, du temps passé avec un être aimé, bref les fruits de l’immatériel ? Les fêtes ne devraient-elles pas nous inspirer à donner ce que nous avons en trop à ceux qui en ont besoin, plutôt qu’à nous encombrer encore davantage ? A offrir du temps pour un engagement humanitaire, social, de proximité ? A penser aux autres ? A réaliser que ce qui nous fait vivre n’est pas l’avoir (au-delà d’un certain minimum aujourd’hui largement présent) mais l’être ? Et peut-être, à prolonger cet esprit de fête un peu dans la vie ordinaire, le reste de l’année ? Alors Noël sera à nouveau Noël. Heureusement de plus en plus de personnes y pensent, repensent l'esprit de Noël. C'est ce mouvement que j'aimerais saluer et encourager.

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18/11/2007

Le monde à l'épreuve du changement climatique

Le froid précoce de cette fin d'automne 2007 nous montre clairement la différence entre météo et climat. La météo c’est ce que nous vivons au quotidien alors que le climat est le contexte plus global. Autrement dit, la météo peut être rassurante et les perspectives climatiques non, et vice-versa!
Nous pouvons noter que les scénarios se resserrent autour de probabilités de moins en moins  contestables. Ce samedi le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat institué par l’OMM et les Nations Unies a publié ses constatations, de moins en moins incertaines et de plus en plus concrètes. Tout cela en vue de la conférence des parties de la convention sur le climat de Bali de ce mois de décembre. C'est en effet lors de cette rencontre que l'on devra mettre sur les rails Kyoto II.
Rappelons tout d'abord que la convention sur le climat des Nations unies est entrée en force en 1994, et que même d’aucuns font semblant de découvrir le thème, ce dernier est dans les agendas scientifiques et internationaux depuis maintenant 20 ans ! Cette convention, ratifiée également par les Etats-Unis, on l’oublie volontiers, affirme l'obligation pour chaque Etat partie de ramener ses émissions de gaz à effet de serre à un niveau supportable pour les équilibres économiques et écologiques. A ce sujet, plus aucun doute sur la convergence entre dommages écologiques et économiques n'est permis. Il suffit de penser aux coûts des dommages que va infliger le changement économique aux économies, notamment des pays qui sont les moins responsables dudit changement.
L'apport du Protocole de Kyoto, entré finalement en vigueur en 2005, est l'engagement pris par les pays industrialisés parties (et là les Etats-Unis de Bush ont refusé de poursuivre dans la voie du protocole négocié par un certain Al Gore!), de réaliser de premiers objectifs de réduction. Les effets de ce protocole sont tout relatifs, néanmoins il a fini par imposer le débat sur des cibles de réduction. Et pour le moyen terme, peu à peu une réduction d’émissions d’un facteur 3 ou 4 a été articulée par des chercheurs et reprise par divers gouvernements, à atteindre d’ici 2050.
Kyoto II doit maintenant impliquer les pays émergents, et sur ce point on ne peut pas rejeter la position américaine. Il serait en effet aberrant et irresponsable que les réductions obtenues dans le Nord soient annulées par la généralisation planétaire de nos erreurs techniques et de comportement. En effet, si chaque habitant de la Terre voulait gaspiller comme l'Américain moyen, il faudrait 6 planètes! Ainsi, Kyoto II doit baliser la voie vers cette société à 2000 Watts qui représente à la fois notre consommation des années 60 et la consommation moyenne mondiale actuelle.
Le projet Novatlantis développé par les EPF démontre la faisabilité de cet objectif, et illustre bien le lien entre mobilité, énergie et gestion du territoire. C'est en effet la répartition des fonctions sur ce dernier, le lien entre urbanisation et desserte en transports publics, la densification qualitative et la réhabilitation des univers suburbains (immeubles en barres, quartiers formatés pour l'automobile, ensembles pavillonnaires) qui détermineront la possibilité d'aller de l'avant.
En rester à une optimisation prudente des performances des objets (de l'ordinateur à la voiture en passant par l'habitat) se révèle un travail de Sysiphe, tant qu'on n'aura pas mis en œuvre une approche qui joue sur tous les facteurs simultanément et non séparément, et qui permette d'éviter cet « effet de rebond » qui engloutit les bénéfices obtenus au fur et à mesure. En effet, les véhicules consomment moins et émettent moins de rejets; mais on roule beaucoup plus et il y a beaucoup plus de véhicules! Et si minergie se répand, l’appliquer avant tout aux nouvelles villas disséminées sur le plateau suisse condamne celles-ci au mieux à compenser la dépense énergétique nécessaire pour s'y rendre en voiture!

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11/11/2007

L'UDC le parti qui peut faire éclater la Suisse



René LONGET
Maire de la Ville d’Onex


Jeunes, dynamiques, les idées simples et les dents longues : les nouveaux parlementaires fédéraux de l’UDC ne vont pas tarder à se faire connaître. La Suisse qui gagne élue par la Suisse qui perd…
Comme si l’esprit d’entreprise avait quitté la droite traditionnelle, trop engoncée dans ses liens avec les lobbies et la raison d’Etat. Etrange mixture en effet que cette UDC, qui n’est pour commencer ni une Union, ni démocratique et encore moins du centre…

En y regardant de plus près, c’est un pur produit de la pub, une machination, une tromperie sur la marchandise, bref une habile fabrication.
Qu’on en juge :
-    les électeurs sont des petites gens mais les élus souvent des industriels et des chefs d’entreprise, à l’image de Blocher lui-même, au passage premier conseiller fédéral élu non pas pour s’occuper de son département, qui a l’air de l’ennuyer profondément, mais pour faire de sa fonction une tribune politicienne.
-    Les petites gens sont inquiets pour leur sécurité et espèrent une action préventive et répressive plus forte. Mais l’UDC est d’abord pour moins d’Etat et réduire le budget la préoccupe bien plus que d’engager des policiers ! A ma connaissance l’UDC n’a pas engagé un seul gendarme de plus !
-    L’UDC prétend renforcer l’indépendance du pays. Mais elle s’oppose à toute politique énergétique et est farouchement pronucléaire. Nous rendant ainsi toujours plus dépendant des ressources énergétiques extérieures.
-    Se prétendant parti du peuple, elle est d’une indifférence totale aux assurances sociales, et à toute protection sociale. Ces questions ne l’intéressent pas sinon sous l’angle de la moindre dépense. Je ne lui connais aucune intervention en faveur des working poor, pourtant 10% des salariés ou d’autres catégories en difficultés qui votent pourtant, hélas, pour elle.
-    Son aura conservatrice lui donne un électorat dans les régions périphériques mais ce ne sont pas les élus UDC qui vont se battre pour garder le bureau de poste ou subventionner la sylviculture locale ou encore pour la péréquation fiscale.

On pourrait multiplier les exemples, et partout c’est la même recette : une politique de moins d’Etat, de désolidarisation et de libéralisation à outrance habillée d’un nationalisme et d’une fierté d’être suisse de façade. De plus, avec ses méthodes : discours réducteur et souvent mensonger, refus du caractère multiculturel du pays et lecture caricaturale de notre histoire nationale, refus de la recherche de consensus politique, ciment du pays, elle introduit des pratiques de rouleau compresseur tout à fait inhabituelles, plus proche de celles d’un groupement extrémiste que d’un parti à vocation gouvernementale, dans notre vie politique. La détestation de l’Europe s’explique alors mieux : il faut empêcher à tout prix que cet espace de régulation ne réintroduise les cadrages écologiques et sociaux que l’UDC veut faire sauter.

En un mot comme en cent : le ver est dans le fruit, ce parti, par son dessein et ses méthodes, peut faire déraper gravement le pays. Sous prétexte de revalorisation de la Suisse c’est en fait une anti-Suisse qui se dessine là. Ce n’est pas d’abord sur la xénophobie qu’il faut attaquer l’UDC mais sur le fait que de tout son être elle est aux antipodes de ce qui fait la Suisse : tolérance, engagement, cœur, réflexion, application, travail bien fait, accueil, environnement de qualité, intelligence, force de négociation, disponibilité internationale. C’est bien aussi là la liste de ce que l’UDC n’est pas....

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24/10/2007

Nouvelle constitution – 3 ans pour réussir !

Genève est avec le Valais le dernier canton qui n’ait pas encore, ces 30-40 dernières années, révisé totalement sa constitution. Ces constitutions dataient de l’époque de la fondation de la Confédération suisse, après le Sonderbund, en 1848. Autant dire que leur message, leur clarté, leur façon de définir le rôle des uns et des autres, y compris de l’Etat, dans une collectivité laissait à désirer. Refonder les règles de base de la vie commune sur un territoire, quoi de plus stimulant ?


Enfin d’accord, les députés ont voté en mai le principe de la constituante, et le vote populaire est fixé au 24 février 2008. Ayant pratiqué les divers niveaux de l’Etat, cantonal, communal et fédéral, l’exécutif comme le législatif, intéressé depuis toujours à la définition des grands (et petits) équilibres, je soutiens fermement ce projet et entends m’y impliquer à ma façon. Maire de la Ville d’Onex, je présente dans cette contribution plus spécialement des pistes pour clarifier le rôle des divers niveaux de l’Etat. Et en préambule, je me prononce pour deux exigences de base :


- 1) La constituante qui sera élue fin 2008 doit déposer rapidement, et je propose trois ans, son projet
 2) Elle doit se donner les moyens d’animer le débat public et de recueillir le fruit d’un processus participatif.


Préalable, briser les tabous. Les communes ne sont pas données par principe. Elles peuvent disparaître, en tous cas doivent changer, devront fusionner, se regrouper drastiquement. Il faut clairement se poser la question : si on faisait table rase de l’existant, les garderait-on? Il faudrait certainement un niveau de compétence décentralisé, un pouvoir de proximité. Mais sur des bases claires, pas comme maintenant, où certaines choses ne se discutent pas alors qu’il pourrait y avoir concertation, et que d’autres sont totalement à bien plaire (culture, sport, petite enfance, aide au développement...). Ceci sur fond de péréquation elle aussi à bien plaire ! Et avec souvent plus de dévouement que de réelle professionnalité.
Alors quel paysage communal pour la Genève de 2012 ?


Commençons par le nombre des communes. Laissons la Ville de Genève être ce qu’elle est, elle fonctionne bien, que qu’on en dise. Il faut ensuite distinguer trois types de communes : les suburbaines, celles périphérique, celles de la région. Pour les communes suburbaines, des coopérations plus étroites sont indispensables, en attendant les fusions formelles à venir. Pour les communes périphériques, celles-ci s’imposent d’emblée: une commune du Mandement, une de la Champagne, une sur Rive-Droite-Lac ; d’ailleurs des regroupements existent déjà. Et pour la région, le projet d’agglomération devrait déboucher sur de nouvelles formes de prise de décision.


Concernant l’organisation ensuite, s’agissant des conseils municipaux, une relation plus directe avec la population, intérêt principal d’un pouvoir de proximité, doit provenir de processus participatifs : systématiser les réunions de quartier, des boîtes à suggestions… S’agissant des exécutifs, dans les petites communes, il faudrait un maire rémunéré à temps partiel, et dans les communes suburbaines aller vers le plein temps. L’idée du syndic à la vaudoise est à retenir car elle offre capacité d’action et d’identification.


Enfin, au fil des ans, des tâches ont été attribuées aux communes et il convient d’en redéfinir l’exercice, qui ne peut se passer de coordination ni verticale (avec l’Etat) ni horizontale (entre communes) :


Si pour l’action sociale communautaire, la loi définit bien la répartition des rôles, la promotion de la santé (par exemple les questions de mobilité, d’alimentation, d’habitat sains) nécessite une bonne interaction avec la Direction cantonale de la santé. Pour ce qui concerne l’aide au développement, les communes ont besoin de systématiser le recours à l’expertise de la Fédération Genevoise de Coopération et par là. de la DDC et du canton.
S’agissant d’’intégration, si c’est bien à la commune d’assumer la fonction d’accueil et de stimulant du lien social, un appui de l’Etat doit aider à mieux cibler l’action, d’unifier les approches, de faire des économies d’échelle. De même, les engagements pour le développement durable, le recyclage, une politique responsable de l’énergie ont besoin de l’appui des services cantonaux.


Prestation de proximité par excellence, l’état civil ; il s’agit d’éviter une centralisation exagérée des offices qui anonymiserait la relation au citoyen. En matière de sécurité, on développera la présence policière de terrain en revalorisant le rôle des agents municipaux aux côtés de la gendarmerie. Pour la petite enfance et le parascolaire, il importe de préciser les devoirs des communes afin d’éviter les disparités dans l’offre. Enfin, l’offre sportive et culturelle appelle une coordination intercommunale forte. Les compagnies de pompiers devraient être régionalisées.


Dans des domaines comme a fiscalité, la circulation et l’urbanisme les compétences doivent être redéfinies : il faut davantage de transparence dans la gestion de la fiscalité communale par le canton et inscrire dans la loi la péréquation financière intercommunale. Pour la circulation, il est temps d’alléger les procédures de l’OCM et de déléguer des compétences aux communes, comme cela a été fait pour l’affichage public.


En matière d’’urbanisme, des normes en matière d’affectations doivent permettre d’atteindre une meilleure mixité sur tout le territoire, expression d’une plus grande égalité des territoires. De manière globale, les communes doivent être gérées de façon moderne, transparente, sans ostentation ni prétention mais avec efficience et au service de la population, afin que la plus-value de la relation directe avec l’habitant soit bien présente et perceptible.


Voilà donc quelques mesures permettant de rendre plus logique, cohérente et convaincante l’action tant de l Etat que des communes sur le terrain local, qui est, toujours, le lieu où pour la population les choses se passent et prennent un tour concret. Et voilà ce pour quoi je souhaite m’engager. Bien sûr la révision de la Constitution comprend bien d’autres facettes, tout aussi passionnantes. Alors, que le débat commence !

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22/10/2007

L’avenir de la justice sociale passe par un PS fort

René LONGET
Maire de la Ville d’Onex


Résultat paradoxal aux élections nationales pour les socialistes genevois. Election magnifique de Liliane Maury Pasquier, digne héritière de Christiane Brunner. Maintien des trois sièges au conseil national, brillante réélection des sortants et entrée d’un nouvel élu, Jean-Charles Rielle. Mais le PS n’est pas pour autant à la fête. Il perd près de 6 points, quasiment un électeur sur quatre le boude.


Cette perte est-elle due à un contexte local ? C’est possible. Mais la chute du PS est grave au niveau national. Perdre près d’un cinquième des sièges au Parlement c’est beaucoup. Là aussi il y a des causes internes. Mais en France, en Allemagne on note de même une passe difficile pour les socialistes.

Il y a décidément un phénomène plus large. Le message des PS s’est brouillé. Il comporte encore des relents anti-économie de marché qui fait se méfier de lui tous ceux qui gagnent leur vie sur un marché. Et à l’inverse il véhicule des aspects gauche caviar qui tout en la dénonçant verbalement s’accommode en réalité trop facilement des effets pervers de la mondialisation, faisant se méfier tous les perdants d’une concurrence trop souvent déloyale. Les camarades à hauts revenus font fuir les working poor, 10% des salariés en Suisse, pays de plus en plus à deux vitesses. Avec tout cela, pas de leader charismatique, pas d’image simple qui permette de transmettre un message devenu polymorphe.

En Suisse, ce contexte se traduit par un double transfert des électeurs, vers les verts et vers l’UDC. Les verts sont largement à l’unisson du PS, avec moins de complications et de complexes, sont identifiés à une lutte urgente et indispensable : conformer notre rythme de développement aux capacités de la Planète, et savoir partager avec les autres habitants de celle-ci, y compris les générations futures. Tout socialiste y reconnaîtra l’incarnation de la mission historique de la social-démocratie qui est de cadrer la dynamique économique en fonction de l’intérêt général. Il serait judicieux que les cousins verts et socialistes progressent ensemble, et non par des transfert mutuels d’électeurs.

A l’autre bout du spectre, l’UDC. Déjà sa dénomination est une tromperie, ni union, ni démocratique et surtout pas du centre !! Par contre un leader charismatique, unique, une identification abusive mais efficace à la Suisse. Alors que Blocher est un industriel mondialisé, méprisant, pronucléaire, pro-voiture, de la droite la plus convenue qui soit, qui de plus abuse de sa situation de conseiller fédéral pour faire tous les jours de la propagande partisane. Qu’a-t-il fait pour les petites gens, pour leur revenu, leur sécurité ?? A PART DES MOTS RIEN. Qu’a-t-il fait pour l’identité suisse, sinon la miner ? La Suisse est depuis des siècles un Etat multiculturel, qui doit sa survie à sa bonne intelligence avec ses voisins étrangers. Au cours de l’histoire des dizaines de milliers de Suisses ont dû s’exiler, trouver du travail au large. Il a bien fallu que quelqu’un les accueille,leur donne une chance…

Pour moi la question est largement une question de communication. La politique du PS est une politique du centre-gauche, forte, proche des gens, incarnant des valeurs. Mais qui manque d’identification, de résonance dans la population. C’est cela qu’il faut maintenant construire, un message clair, une présence forte autour de valeurs claires : égalité des chances, sécurité, éducation pour tous, lutte contre les injustices à l’embauche, au travail, à la retraite, défense concrète des personnes en difficulté, mise sur pied d’assurances sociales équitables et économiquement stables. Notamment en matière de santé. Suppression de la déduction de coordination, scandaleuse discrimination du travail à temps partiel et des petits salaires - bref une action de tous les instants montrant à toutes et à tous que le SOCIAL a besoin des SOCIALISTES. Normalement un parti socialiste devrait faire non pas 19% des voix mais au moins un bon tiers. Voilà un bel objectif pour les socialistes de l’Europe occidentale.

En 1969 les socialistes français avaient touché le fond, faisant 5% à la présidentielle avec le malheureux Gaston Deferre. Mitterrand sut créer la mixture qui a été le pôle gagnant et dynamisant pour toute une génération, par une synthèse originale entre approches culturelles, éthiques, sociales complémentaires. Dans le même temps, Willy Brandt a su incarner le renouveau allemand sur des bases morales cruellement nécessaires. Tout se passe comme si le souffle de cette génération s’étant épuisé, la gauche attend à nouveau celui qui va fédérer et incarner le renouveau et la réponse nécessaire aux dérives de notre temps, par l’acte et par la parole.

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30/09/2007

Intégration elixir de survie

Dans les discours tout est simple. Rien n’est plus facile que d’affirmer que la diversité est une richesse, mais dans la réalité c’est tout autre chose. Que signifie ce mot si souvent utilisé d’intégration ? Ce n’est pas une baguette magique mais un effort de tous les jours, pour mieux se comprendre, se connaître, pour apprendre à partager des valeurs. Ces valeurs sont par définition, et les enjeux commencent là, à construire sur la plateforme non négociable de la Déclaration des Droits humains.

Ce socle étant posé, pour que les différences soient vraiment richesses et non oppositions, la cohabitation lien social et pas division, on ne peut pas ne pas interpeller les conditions actuelles de la démocratie et la définition de l’identité.

Le temps où une personne devait impérativement choisir d’être Suisse ou Genevoise et rien d’autre est révolu. il ne faut pas lui demande d’occulter son identité de départ : quand un Appenzellois s’établit à Genève, il ajoute une réalité genevoise à sa trajectoire d’Appenzellois, il ne la renie pas, de même pour un Italien, un Portuguais ou un Malgache. A partir de ce constat deux dossiers doivent être relancés impérativement : la naturalisation facilitée et le droit de vote et d’éligibilité en matière cantonale pour les étrangers établis.

Cela est d’autant plus important que notre terre genevoise est par essence une terre d’immigration, on pourrait même dire que c’est son identité première, probablement tirée de notre situation géographique entre Jura et Alpes, Léman et Rhône, Suisse et France, Nord et Sud… Durant toute son histoire, Genève n’a cessé de connaître des couches successives d’immigrants, qui l’ont faite telle qu’elle est et qui continuent de la façonner.

Cela a commencé avec les marchands et banquiers français et italiens, dès le XIVe siècle. Puis quand Calvin, immigré français, a proclamé la Rome protestante, Genève s’est défini non pas d’abord ethniquement mais confessionnellement, ouvrant grandes ses portes au Refuge. Et au début du XXe siècle, on compte un grand nombre d’étrangers, bien plus que dans le reste de la Suisse, travailleurs mais aussi étudiants, littéraires, scientifiques. Puis dans les années 60 ce fut la construction des banlieues, amenant deux types d’habitants, les Confédérés et les travailleurs italiens, portugais et espagnols.

Dans les années 80 l’immigration provint essentiellement des Balkans, les pays méditerranéens se développant. On oublie généralement que pour l’essentiel les Kossovars sont venus ici avant la guerre qui a ravagé la région. La vocation internationale, enfin, est présente avec une population anglophone, germanophone et arabophone. Au côté multilingue s’ajoute un côté multireligieux, et les débats qui animent les religions nous concernent de près. C’est donc par l’effort de tous, Suisses et étrangers, personnes d’ici et d’aileurs, que la réalité sociale se construit ou se défait chaque jour.

L’intégration, c’est donc garder sa culture, et y ajouter la culture du lieu de vie actuel, s’y inscrire et s’y adapter tout en la faisant évoluer. C’est un effort des deux côtés. Mais bien sûr il appartient aux pouvoirs publics de le favoriser. L’intégration, très concrètement, c’est :
• Etre informé
• Pouvoir partager un espace de vie de qualité, avoir des immeubles et des espaces extérieurs bien entretenus : le rejet de l’autre est souvent un corollaire d’un environnement qui n’incite pas au respect
• Bénéficier d’une offre culturelle, sportive, associative permettant de faire des rencontres, de prendre sa place
• Assurer un partenariat pour la sécurité, la propreté
• Organiser l’accueil activement, faire connaître langue, culture, histoire du lieu d’accueil
• Donner l’occasion de fêtes de quartier et de voisinage…
Finalement, être intégré, c’est se sentir bien et partie prenante là où on vit. Reste un souci: en Suisse, au plus haut niveau du gouvernement, le dossier de l’intégration a été confié à un ministre qui est opposé à l’intégration. C’est un peu comme si on faisait faire des économies d’énergie à un vendeur de pétrole… Il est temps que cette absurdité cesse. Le Parlement en trouvera-t-il le courage, et les Genevois comprendront-ils que leur identité est par nature trahie par ceux qui veulent proclamer une Suisse uniforme et inconsciente de sa propre nature, coupée de son passé comme de son avenir ?



René LONGET

22:45 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

23/09/2007

A table

A table !


Tous les jours nous mangeons. Quoi de plus banal ? Ce que nous oublions souvent c’est que par nos choix nous agissons directement sur notre santé. On parle de plus en plus de l’obésité chez les jeunes, et une bonne partie des adultes sont aussi concernés. Dans le monde il y a aujourd’hui plus de personnes en surpoids (1 milliard) que de personnes qui ne mangent pas à leur faim (850 milions) ! Et avec les impacts sur les coûts de la santé de cette surcharge, on pourrait nourrir tous ceux qui ont faim !! Quel monde aberrant

On ne peut qu’applaudir les efforts d’information de nos diététiciens pour rappeler les principes de la bonne alimentation. Ce samedi, à Lancy, sur l’esplanade qui aurait dû recevoir la maison de la danse et qui ma foi plutôt recouverte d’un gazon rabougri, on pouvait rencontrer les diététiciennes de la Fourchette verte ou de la Direction de la santé rappeler que nous mangions trop salé, trop sucré, trop de viande, trop en général,trop gras… Plus de fruits et de légumes, voici la direction à prendre. Et vive la Fourchette verte !

Puis ce dimanche je me suis rendu à Grandson, pour un moment capitale romande du Goût. Ici, c’est le retour des produits du terroir, les saveurs des fruits et légumes de nos régions, qui ont failli disparaître. Il y avait plus de 1000 sortes de pommes en Suisse, des centaines de sortes de poires, cerises, des fruits un peu oubliés comme les coings, les mirabelles, les nèfles, tout cela sauvé par l’engagement des passionnés de Pro Specie Rara ou des militants des AOC. Vive la proximité, gage d’authenticité et de diversité, qui a failli être mangée par la golden insipide, incolore, inodore et le fameux veau aux hormones. Mais le gruyère de l’Etivaz et le jambon à l’os s’ils triomphent à l’aune des saveurs du terroir ont leur pesant de gras.

Enfin, parlons du bio. Depuis 30 ans les paysans ont divisé leur charge en phosphates par deux, la pression des pesticides a diminué, quoi que… nous sommes plus sévères pour les fabriques d’animaux que d’autres et le bio atteint presque 10% de la surface agricole utile alors que la culture intégrée est quasi le standard. Le bio nous assure qu’il n’y a aucun processus artificiel entre la fertilité naturelle du sol, la façon qu’a le végétal de prendre forme et le résultat dans notre assiette, et nous rappelle que la nature n’a pas eu besoin de nous pour exister ! Oui le bio ça marche et nous donne une assurance de qualité. Mais cela n’empêche qu’on peut voir dans les rayons de la farine bio du Canada ou des pommes bio de l’autre bout du monde, pesant de tout leur poids énergétique. Aberrant, oui.

Alors que faire pour bien faire ? En fait ce n’est pas compliqué, Il suffit de se rappeler de trois mots, SANTE, PROXIMITE, PROCHE DE LA NATURE  et de les conjuguer à l’unisson, et cela nous donne le tout, la COHERENCE .

Bon appetit et santé, la santé de la Terre et notre santé vont de pair.

René LONGET

22:44 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook