13/12/2009

Après le non aux minarets, un double dialogue est nécessaire, avec l'Islam mais au sein de celui-ci?

Le vote du 29 novembre a crée une vaste onde de choc. Comment rebondir, telle est la question. Il apparaît clairement que la réponse doit être un dialogue constructif avec l'Islam et au sein de la communauté des musulmans vivant en Suisse sur la façon de vivre sa foi dans le contexte des valeurs de laïcité, d'universalité des droits humains et de liberté de croyance ayant cours dans nos pays et qui sont des acquis des combats des siècles derniers entre Eglises et Etat. C'est sur cette base que la réalité musulmane en Suisse mais aussi en Europe peut donner une dynamique nouvelle à tout l'Islam en travaillant sur un enjeu crucial, à savoir la place de la religion dans le monde moderne.

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30/08/2009

Enfance, famille, aînés : les Socialistes à l’écoute des besoins des gens

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06/06/2009

Frank Muller. La moitié de l’effectif passe à la trappe L’Etat regarde passer les trains


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27/04/2009

C'est le moment de reparler de laïcité!


Le débat sur l’islam nous replonge dans des enjeux qui avaient divisé le 19e siècle, et qui s’étaient conclu sur l’affirmation de la laïcité.

Celle-ci repose sur trois piliers:

 

·       La liberté de croyance, qui implique la liberté de ne pas croire, mais aussi celle d’exercer son culte (dans certaines limites).

·       La neutralité de l’Etat par rapport aux croyances et religions, qui implique que l’Etat ou ses agents n’arborent pas de signes religieux.

·       La reconnaissance d’une réalité historique : l’Europe est chrétienne depuis au moins 1500 ans.

 

Les républicains, tout en reconnaissant la valeur de la spiritualité comme voie personnelle, et de l’engagement éthique et social des Eglises, ont toujours été aux premières loges de ces enjeux.

 

Depuis quelques décennies , on relève l’émergence en Occident de religions connaissant des tendances intégristes, tendances qui non seulement s’opposent à ce qu’il y ait débat sur certaines affirmations d’ordre religieux mais entendent les imposer au sein de leur communauté voire au-delà.

 

Face à de telles dérives, on ne peut que réaffirmer cet acquis essentiel de la laïcité: il n’y a de loi que la loi républicaine, et aucun droit communautaire ne saurait valoir contre la loi de la République. Il est temps de rappeler les trois piliers sur lesquels repose le dialogue républicain.

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01/04/2009

Transports publics, illusionnisme libéral

 

Non ce n’était pas un poisson d’avril.

Les libéraux genevois ont choisi les derniers jours de mars pour tenter un coup de bluff dont ils sont passés maîtres. D’un côté on se réclame de la raison avec un grand R, on se prétend proche de l’économie et voudrait qu'il y ait des grands travaux (mais à petit prix s’il vous plaît). De l’autre, dès qu'un chantier dérange, on hurle avec les loups. A Champel on conteste le CEVA, et les libéraux ne sont jamais loin. Sur le tracé du TCOB on exige que les bouchons disparaissent comme par enchantement. "Il n’y a qu’à" reprendre le Pont des Bergues aux piétons et cyclistes, et vive le prochain embouteillage sur ce pont aussi. "Il n’y a qu’à" assurer la libre circulation partout (comment, on se le demande?) et tout ira mieux…

Ce que les libéraux et ceux qui les suivent ne veulent pas comprendre, c’est que mathématiquement on ne peut pas faire passer plus de véhicules au centre-ville que la voirie ne le permet. C’est que la seule solution, à moins de transformer Genève en Los Angeles, pour assurer la mobilité, est de disposer de transports publics, perfomants, prioritaires, à bonne fréquence. On commence à peine, timidement, à aller dans ce sens, à Genève. Ca coûte oui, mais les routes coûtent aussi, mais les transports publics, au moins, nous promettent une solution qui fonctionne. Car la vraie ennemie de la voiture, c’est la voiture elle-même, de par son nombre. Sans priorité aux transports publics sur les grands axes (mais évidemment pas sur les trajets secondaires et périphériques), plus d’accessibilité du tout au centre-ville.

En fait, les libéraux semblent nostalgiques de l’époque où seules les bonnes familles avaient une voiture, et en effet on n’était pas trop gêné par le nombre de véhicules et où on pouvait stationner partout.

Ces temps sont révolus, définitivement, et demander une égalité de traitement entre voiture, tram, vélo et marche à pied est franchement aberrant. Chaque mode de transport doit être utilisé selon ses performances, là où il est le plus adéquat.

Cessons de flatter les réactions irréfléchies ! Il est vrai que pour les libéraux, on dirait que les transports publics sont pour les autres, dès lors en effet on ne peut pas s’y identifier. Ca leur dirait, aux libéraux, de vivre un peu avec leur temps ?

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01/03/2009

Relance verte, l'irresponsabilité fédérale

Frappés par la plus grande crise de ces dernières décennies, les Etats de l’OCDE ont injecté ces six derniers mois dans l’économie défaillante entre 3'000 et 11'000 milliards de CHF (selon les estimations).
En partie en pure perte (sur les 64 milliards reçus de la Confédération l’UBS en a déjà perdu 20), mais aussi dans des secteurs sans véritable avenir, comme l’automobile (le moteur à explosion contribuant puissamment au renforcement de l’effet de serre et à l’épuisement des réserves en pétrole).
Pourtant ces sommes fabuleuses devraient donner le pouvoir de faire le ménage, et de soutenir ce qui a un avenir et fait sens par rapport aux vrais besoins du monde. C’est ce que l’ONU a appelé le Green New Deal : énergies renouvelables, rénovation du parc immobilier, déploiement de la voie ferrée, autonomie alimentaire, réponse aux besoins des plus démunis dans le monde (1,1, milliard d’êtres humains n’ont pas de toit, 1,6 milliard pas d’eau potable et pas d’assainissement digne de ce nom). La voix du bon sens même. Il n’en reste pas moins que pour l’essentiel les milliers de milliards ont été versés dans le gouffre sans fond du développement actuel, dont on sait pourtant qu’il n’est pas durable.
Saisissons l’occasion de la crise pour faire le tri et permettre à nos sociétés, au lieu de préparer la prochaine crise, de prendre les bonnes options et de se redresser véritablement.
L’extrême prudence du Conseil fédéral est ici incompréhensible et pas acceptable. Les crédits pour l’énergie solaire sont épuisés, le parc immobilier est assaini au compte-gouttes, la recherche énergétique démobilisée, où sont les priorités? Ce qui se passe à Berne tient de l’irresponsabilité.

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13/02/2009

Tabagisme passif - vaste fumisterie des autorités et incroyable déni de la volonté populaire

Voici une année, presque jour pour jour, le 24 février 2008, le peuple adoptait, par un taux de participation élevé, de près de 62%, et à près de 80%, une initiative populaire. Celle-ci interdit de fumer dans les lieux publics intérieurs ou fermés, notamment les bâtiments et locaux fermés de l'Etat, des communes et d'autres institutions publiques, tous les bâtiments ouverts au public, tous les établissements publics et les transports publics et professionnels de personnes.
C'est clair, non? Clair, net et définitif, pourrait-on croire.
Or la petite minorité de perdants (représentant 29'363 votants), depuis, joue au chat et à la souris avec la démocratie (soit avec les 111'562 personnes ayant voté pour l'initiative).

Premier acte: le Conseil d'Etat, drapé dans ses certitudes, oublie de consulter le Grand Conseil pour la loi d'application et pond de son propre chef un règlement. Le Tribunal Fédéral ne manque pas de rappeler cette «informalité» à nos gouvernants. Du coup, l'application de la décision populaire est suspendue, dans l'attente du vote de la loi. C'est le choc, la déception: on s'était habitués à la liberté de ne pas être enfumés, la large majorité qui a voté oui se trouve bafouée et ne peut jouir de son droit à la santé pourtant inscrit dans la Constitution (nouvel Art. 178B, protection de l'hygiène publique et de la santé).

Deuxième acte. Le Grand Conseil, enfin saisi de la fameuse loi, s'empresse de la dénaturer et de transgresser la décision populaire en autorisant des espaces fumeurs appelés «fumoirs». A une très faible majorité, mais majorité quand même. Le PDC a fait la différence, en désavouant son propre ministre de la santé, et en lui préférant les fumisteries des tenants de la clope et les fantasmes fumeux de certains cafetiers.

Troisième acte. Cette torsion du vote populaire ne suffisant pas pour satisfaire l'appétit de fumée de certains, le référendum est lancé par un quarteron de tabacco-dépendants. Si on cherchait des preuves des méfaits du tabac, en voici une belle: certains semble-t-il en perdent quasiment la raison!

Une année après le vote, c'est l'embrouillamini le plus total, la volonté populaire est bafouée, et pire, ceux qui osent lancer le référendum le font en se réclamant d'elle!! Faut-il confirmer tous les ans un vote du peuple pour qu'il soit pris au sérieux? Comment empêcher citoyennes et citoyens de penser qu'à Genève on vote pour rien? Je rappelle donc que dans quelques mois, les responsables de cette belle gabegie se présenteront devant nous pour requérir nos voix, comme si de rien n'était. Ce sera l'occasion de leur rappeler que quand on prête serment de servir le peuple et de respecter sa volonté, on s'engage à le faire. Il faut que cet automne le déni du vote populaire du 24.2.08 soit un thème de débat, comme symbole et illustration de l'exigence de crédibilité qui fait ou défait la politique.

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29/12/2008

Crise financière, crise climatique, même combat

Alors que les preuves scientifiques d’un changement climatique sont de plus en plus évidentes (fonte des glaces notamment), il n’est toujours pas sûr que l’humanité parvienne à prendre les décisions qui s’imposent.

Certes, un verrou essentiel a sauté voici deux mois avec l’élection d’un nouveau président américain dont le programme affirme explicitement qu’il faut réduire d’ici 2050 de 80% les émissions de gaz à effet de serre.

Certes, les Etats africains ont signé la déclaration que l’Union européenne leur a proposée, à savoir d’inscrire leur développement dans la préservation des équilibres globaux, dont il est par ailleurs tributaire (désertification, modification du régime hydraulique, etc.). La Chine, également, semble prête à s’inscrire dans une telle démarche.

Mais voilà que la crise financière vient tout remettre en question. Les Etats naguère leaders en matière climatique tels que l’Allemagne se complaisent à défendre les mauvaises performances de leur industrie automobile, insouciants du fait que GM et les autres géants de l’auto américaine sont quasi en faillite, entre autres pour avoir raté le virage de la voiture économique.

Occulter les exigences de la crise climatique sous l’effet de la crise financière est une très mauvaise option. Déjà maintenant des études montrent que les répercussions du changement climatique vont être majeures sur nos économies. Au lieu d’alléger les effets de la crise financière, les deux crises vont s’associer et ne feront qu’accroître nos difficultés.

La sagesse veut que l’on identifie des mesures qui répondent à la fois à la crise financière et à la crise climatique.

• Une première réponse à la crise est certainement de ne pas mettre tous ses œufs (financiers) dans le même panier bancaire, et de miser sur des systèmes de gestion de fonds le plus autonomes possible par rapport aux soubresauts spéculatifs planétaires. Pour créer ce supplément d’autonomie face au système spéculatif mondial, favorisons les placements verts, les fonds de proximité, les banques alternatives et régionales.

• Une deuxième réponse est dans la nécessité d’un comportement anti-cyclique. Celui-ci doit être l’occasion d’orienter les investissements dans une direction favorable tant à l’économie qu’à l’environnement : les investissements dans les économies d’énergie et l’assainissement du parc immobilier en sont un bon exemple. Les cibles sont, au niveau mondial, l’énergie solaire, le reboisement, l’agriculture vivrière, les systèmes de transports publics. Quand le gouvernement français offre une prime pour tout automobiliste se débarrassant d’un véhicule de plus de 10 ans au profit d’un véhicule plus écologique, il va dans cette direction.

• Enfin, s’il faut favoriser l’investissement, on fera bien en revanche de revisiter les dépenses de fonctionnement. A nouveau nous pouvons faire coup double. En effet, une utilisation plus ménagère de l’énergie, une réduction des activités à forte charge en énergie grise, une minimisation des gadgets inutiles, sont autant de postes financiers où l’on peut économiser aujourd’hui et demain.

Autrement dit, la crise financière nous offre une possibilité à ne pas négliger de réorienter notre développement dans la bonne direction et de savoir rebondir en faisant coup double ! Ce serait très regrettable de ne pas en retenir les leçons et de continuer à foncer dans la fausse direction

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26/10/2008

Râler ou voter, faites votre choix

Je n’arrête pas, depuis que suite à un jugement du Tribunal Fédéral on peut de nouveau fumer dans les cafés et restaurants (ceux qui l’autorisent naturellement), de croiser des personnes protestant contre le vote populaire (pourtant massif) du 24 février dernier.
A écouter les râleurs et surtout leur nombre, on se demande qui donc a vraiment dit oui à l’interdiction de la fumée dans les lieux fermés. Où a donc passé cette large majorité du 24 février ? Partie en fumée ? En tous cas, entre la vox populi telle qu’elle se manifeste et le résultat sorti des urnes, il y a comme un fossé.
De même pour la Constituante. L’avis est unanime : une assemblée de vieux, même pas sûrs que ce seront des sages, de profs et de juristes déconnectés de la vie de tout un chacun, pas de jeunes, pas de femmes ou si peu... A croire que l’élection n’a pas eu lieu, ou qu’elle s’est déroulée en petit cercle et que la populationà qui on communique le nom des élus en découvre hébétée les résultats. Comme si électrices et électeurs n’avaient eu aucun rôle à jouer...
Un peu facile tout cela ! La plupart des femmes, des jeunes, des jeunes femmes qui m’ont fait savoir leur déception… m'ont avoué n’avoir pas été voter. Mathématique pourtant, si on laisse les autres décider à sa place, ça a de fort risques de ne pas aller dans la direction que l’on veut.
La leçon servira-t-elle ? Même si l’enjeu ne vous passionne pas, un peu de solidarité, entre jeunes, entre femmes, ce serait bien ! Râler ou voter, faites votre choix!

21:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

12/10/2008

Crise financière: tout va bien, madame la marquise...


Pendant que budgets privés et publics obligent à des choix douloureux, voilà que dans le monde irréel de la haute finance des milliards de milliards partent en fumée. L’économie réelle va-t-elle être entraînée dans le gouffre de l’économie fictive de la bulle spéculative?

Il appartient à cette occasion de réaffirmer trois choses:

1)    L’exigence de la régulation, de l’existence d’un Etat capable de le faire. La main invisible va tout régler nous a-t-on rebattu les oreilles durant les 20 dernières années placées sous le signe du moins d’Etat. Et l’attitude plus qu’en retrait du Conseil fédéral me fait penser à la France qui en 1986 affirmait que le nuage radioactif de Tchernobyl s’était arrêté sur les rives du Rhin! La Suisse vivrait-elle sous une bulle, alors qu’elle s’est de plus en plus placée sous la dépendance des mouvements financiers internationaux? Même George Bush a dû en toute fin de mandat ravaler son chapeau et tirer un trait sur la doctrine de la non-intervention.

2)    L’exigence d’une politique économique qui ne brade pas les savoir-faire et les marchés locaux, qui accorde la priorité aux besoins des PME, bases du tissu économique, qui construise sur des options à long terme au lieu d’être avant tout opportuniste et attrape-tout. Genève place-forte financière doit aussi se rendre compte de la volatilité des placements financiers et cesser de considérer comme secondaire le local et les PME.
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3)    L’exigence d’une politique sociale forte qui évite qu’en cas de soubresaut majeur, on aille encore plus dans le sens d’une société à deux vitesses.

Il est temps que les élus disent clairement aux acteurs de l’économie réelle : nous sommes avec vous, nous nous battons avec vous pour que l’argent soit au service de l’économie et pas le contraire.

Les partis de droite ne cessent de flatter les entreprises et se mettre en scène comme leurs défenseurs. Mais quand il convient d’agir, généralement ils faiblissent, succombant à leur immense respect pour le monde de la finance.

Et à moins d’une semaine de l’élection de la Constituante, il n’est pas sans intérêt de relever que dans la constitution actuelle on ne trouve pas un mot sur des missions ou des objectifs assignés à l’Etat en matière économique et sociale. Voilà une lacune majeure qu’il importera de combler. Soutien aux PME et inscription d’un salaire minimum dans la loi sont pour moi les deux faces d’une même volonté politique.

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28/09/2008

Bonnes nouvelles du front culturel

On a tellement pris l’habitude de parler de ce qui ne va pas qu’on oublie de souligner les bonnes nouvelles.

2008 a permis de sérieux progrès dans le domaine de la culture à Genève, et tout d'abord en termes d'organisation, des deux côtés de la barrière:

- D’une part, les acteurs culturels. Ils se sont donné les moyens de peser sur les débats et les décisions publiques, en créant le Rassemblement des artistes et acteurs culturels de Genève, le RAAC. Premier forum très réussi, en février et le 2e aura lieu à la fin de cette semaine. Plus d’excuses pour les pouvoirs publics de ne pas savoir à qui s’adresser. Désormais les acteurs culturels ne pourront plus être contournés. Bravo au RAAC !
- D’autre part, les communes,. Avec l’Etat, elles portent l’essentiel de l’effort de l’équipement culturel. Elles se sont organisées pour coordonner leurs activités. Les magistrats en charge de la culture, dont le soussigné, se rencontrent plus souvent, planchent sur des solutions. De poemières pistes pourront être présentées précisément à ce 2e forum du RAAC.

 Parmi les avancées réalistes, notons des éléments comme ceux-ci :
-    Des équipements culturels qui concernent un espace plus large que la seule commune d’implantation ont besoin d’un financement intercollectitivés. La maison de la danse est apparue trop lourde pour le contribuable de Lancy, le Grand Théâtre ne peut pas être à la seule charge de la Ville, la plupart des équipements sont en réalité régionaux.

-    L’Etat doit pouvoir développer de manière significative son soutien à la culture. Ces dernières années avaient été marquées par un retrait excessif de la part du canton.

-    Le paysage culturel doit pouvoir être vu comme un tout, certes évolutif et mouvant mais néanmoins comme un tout par tous les acteurs. C'est encore trop le chacun pour soi, le hasard des financements et des rencontres, les projets individualistes.

-    Les spécificités et besoins de l’activité culturelle doivent se refléter dans une «zone« d’activités culturelles à inscrire dans la législation sur l’aménagement du territoire,au même titre qu’il y a des dispositions sur les activités d’intérêt public, sportives, etc. De nombreuses implantations en zone agricole, villas ou immeubles ne sont actuellement que précaires parce que pas prévues par la législation.

-    Enfin un guichet unique doit faciliter la rencontre entre les auteurs de projets culturels et les possibilités d’implantation. L'absence de coordination actuelle fait que les collectivités se renvoient les demandes et qu'il n'y a pas de vue d'ensemble sur les possibilités existant sur le territoire dans son ensemble.

Ces propositions devraient maintenant rapidement devenir réalité et améliorer la situation des acteurs culturels, et donc de l’offre culturelle genevoise. Certaines ne dépendent que des magistrats, d’autres de lois à voter par le Grand Conseil comme le projet de fonds culturel intercollectivités dont le parlement est saisi depuis près d’un an. Elles permettent aussi d’aborder le débat au sein de la Constituante sur la culture. En effet aujourd’hui, pas un mot sur la culture dans la constitution existante ! Combler cette lacune et jeter les bases d’une nouvelle dynamique, c’est ce à quoi les décideurs politiques doivent maintenant s’atteler. En se rappelant que la culture, c'est ce qui donne une âme à une société et un sens à une communauté.

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28/06/2008

Une constitution pour quoi faire?


Genève est une cité paradoxale. Bourrée de talents et d’idées, mais peinant à fédérer les énergies. Une des villes les plus riches du monde, mais comportant de nombreux bas salaires, travailleurs au noirs, statuts clandestins et exclus. Un lieu qui adore parler et démolir le projet du voisin, mais qui est souvent confond discours et action.

La société, plus qu’ailleurs, plus tôt probablement qu’ailleurs, s’y révèle kaléidoscopique, prémonitoire du pouvoir créateur des villes, mais aussi des tendances centrifuges voire dissolvantes du monde moderne. La rédaction d’une nouvelle constitution, charte fondamentale d’une société, inventaire de ses valeurs, mise en perspectives des institutions qu’elle se donne, fournit l’occasion inespérée de remettre sur pied cette communauté genevoise, de codifier droits et devoirs de chacune et de chacun.

Une constitution doit lister les droits économiques, humains et sociaux fondamentaux : liberté personnelle, liberté du mode de vie, du choix du domicile, d’expression, de création culturelle, économique, sociale, d’entreprendre, sachant que ces libertés trouvent leur limite dans les libertés d’autrui. Elle doit ensuite proclamer les droits qui vont avec : droit au logement, à l’habitat devrait-on dire, au travail, à l’éducation, aux soins, à l’alimentation, à la protection sociale, à l’organisation syndicale et à la participation démocratique… clés d’une société prenant au sérieux un certain nombre de valeurs fondamentales, philosophiques, humanistes.

A ces droits et à ces libertés correspondent symétriquement des tâches de l’Etat, déclinées en politiques publiques : politiques du logement, du territoire, économiques, sociales, culturelles, de l’éducation, des médias, etc. et un engagement de l’Etat au nom des valeurs de liberté, de solidarité et de dignité. La communauté genevoise se doit, également en tant que ville internationale au rayonnement large, d’être solidaire des droits humains, du développement équitable du Sud, d’un développement durable de la Planète qui permette de transmettre à nos descendants la diversité culturelle de notre Terre, son intégrité, des ressources en suffisance, un héritage naturel respecté et valorisé.

L’Etat oui, donc, indispensable. Mais quel Etat ? Ni plus d’Etat, ni moins d’Etat, pas un Etat minimaliste mais pas non plus un Etat maximaliste. Un Etat garant, régulateur, incitant et encourageant l’engagement, protégeant le faible du fort, garant des valeurs fondamentales, bref assurant équilibre et équité. Un Etat efficace, efficient, transparent, démocratiquement contrôlé, rendant des comptes, sachant clairement quelles sont ses raisons d’être. Un Etat coiffé d’un gouvernement capable de décider, au prix le cas échéant d’une présidence forte, doté d’un parlement plus professionnel, moins nombreux, en interaction plus directe avec la population, une agglomération disposant d’instances de coordination et de décision et prenant appui sur la démocratie de quartier, moins de communes mais aux tâches claires et aux territoires cohérents, des magistrats à plein temps et des conseils municipaux eux aussi moins nombreux et mieux en phase avec l’habitant. Des droits populaires revisités : motion populaire, administration en ligne, budgets participatifs, une stricte limitation des budgets de campagne…

Tout cela fait rêver, tout cela entraîne l’imagination, donne envie d’aller plus loin, de débattre, de construire. Désormais, c’est possible, on peut faire mieux que le Café du commerce ou la lettre de lecteurs, on peut passer du stade de la protestation à celui de la proposition. Le 19 octobre, passant aux choses sérieuses, Genevoises et Genevois éliront leur Assemblée constituante, qui repensera aux bases de notre vie sociale. Il importe que ce processus soit aussi démocratique, transparent et interactif que son résultat, c’en est même la condition. Alors n’oubliez pas l’essentiel : de voter pour l’innovatif, le créatif, la cohérence. Et d’ici là regardez bien les programmes des listes en lice : qui a la vue la plus large méritera votre confiance.

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15/06/2008

Irlande-Europe 1:0

Le scénario est désormais bien rôdé. A chaque fois qu’un peuple est consulté sur une avancée de l’Europe, il saisit l’occasion inespérée pour dire leur fait à ceux qui gouvernent. Le cas irlandais ne déroge pas à cette habitude. Formellement, les juristes de la couronne trouveront les astuces qui permettront au traité de Lisbonne, sous-produit du rejet de la pseudo-constitution européenne recalée par la France et les Pays-Bas, de poursuivre son chemin et pour régler le Sonderfall Irlandais. Ce n’est ni le premier ni le dernier. Le problème n’est pas là. Il est de s’interroger sur cette prise d’otage récurrente du processus européen par les Neinsager de tout poil, alors que s’il est un pays à qui l’intégration européenne a profité, c’est bien l’Irlande.

Formulons donc l’hypothèse inverse : ce ne sont pas les motifs économiques d’abord qui guident les peuples mais les aspects politiques. Tout se passe comme si chaque fois qu’on voulait plaider le dossier européen par les voies du calcul et de la raison, on échoue, car on a affaire à une fédération de craintes et de réactions de rejet.

Plus on veut «raisonner» un peuple, plus il se rebiffer. Ce qui manque cruellement aux promoteurs de l’Europe, c’est l’élan, l’aspect émotionnel, le souffle créateur. L’Europe s’est illustrée jusqu’à la caricature en réglementant la courbure des bananes, alors que c’est tout autre chose qu’elle vise et représente. L’Europe ne guérira de sa langueur qu’avec plus d’Europe et non moins d’Europe. Seul un projet politique a des chances d’entraîner l’adhésion populaire. Qu’on se rappelle l’unité allemande, en 1990. Tous les économistes et tous les esprits raisonnables ont fait le calcul du poids que l’Est représenterait pour l’Ouest, et en effet ce poids reste lourd. Néanmoins le peuple allemand n’a pas hésité une seconde à répondre présent à l’invitation de l’Histoire, une fois le mur exécré tombé. Autrement dit, ce sont les technocrates qui règle à calcul à la main mettent en garde et raisonnent, et les peuples qui passent outre.

L’Europe est malade de ses technocrates. Elle ne pourra s’ancrer durablement dans les cœurs et les esprits que si elle se mue en dynamique fédératrice et positive. Que si elle rappelle qu’elle doit dépasser l’alliance opportuniste autour d’un marché commun qui rappelle furieusement une globalisation dont les mauvais côtés font à juste titre peur, devenir vision.

Une vision d’un continent uni mais valorisant ses différences. De régions enfin émancipées du rouleau compresseur de l’Etat Nation ignorant ses propres diversités (les Catalans, Bretons, Basques ou autres Gallois en savent quelque chose). D’un continent porté par un concept d’économie de marché à dimension sociale et écologique forte, tout le contraire du dumping social et de l’irresponsabilité écologique d’une certaine mondialisation sans foi ni loi. Un continent qui ambitionne de jouer dans le monde un rôle progressiste et stabilisateur, solidaire et capable de parler d’égal à égal avec les puissants du 21e siècle, que ce soient les puissances américaines (Etats-Unis, Brésil) ou asiatiques (Chine, Inde) ou encore la vaste Russie. Un continent capable de donner une voix à ses habitants.
Un continent qui réalise son unité culturelle et historique fondamentale, et qui s’en donne enfin les institutions.
C’est cela la vision européenne, celle des Schuman, de Gasperi, de Rougemont. Tous ceux qui souhaitent la primauté du politique sur les seuls mécanismes du marché doivent souhaiter la réussite du projet politique européen. Encore faut-il que se lèvent en Europe des femmes et des hommes politiques capables d’articuler cette vision. A ce prix, même les Suisses s’y reconnaîtront, car la Suisse, à l’image de cette Europe, est aussi un Etat pluriculturel, fédérant des volontés de vivre ensemble à travers une culture politique commune. La politique, comme la nature, a horreur du vide. Tant qu’il ne sera pas occupé par une vision constructive et dynamisante, il sera dominé par la peur, jamais bonne conseillère, et la volonté d’exister s’exprimera non pas de manière positive mais par le rejet de ce qui n’étant pas explicité ne peut pas être compris.

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06/06/2008

Après le coup de balai du 1er juin, légiférer sur les régies publics est urgent



Les trois lois qui prétendaient « dépolitiser » la gestion des régies publiques que sont les HUG, les TPG et les SIG ont donc été vigoureusement balayées par le peuple. En effet les citoyennes et citoyens se sont méfiés : dans ces entités se prennent des décisions qui ont une grande influence sur notre vie quotidienne, et nous les abandonnerions aux technocrates ?
Aujourd’hui la place est nette pour reprendre sereinement la question de comment gérer ces entités aux mieux, une fois l’exigence de responsabilité et de contrôle démocratique réaffirmée.
Il me semble que nous devrions tout d’abord lister les entités concernées. A mon sens il faudrait ajouter aux trois susmentionnées l’hospice général, tant qu’il existe en tant qu’entité juridique, l’Université, la banque cantonale, l’aéroport, les fondations immobilières d’intérêt public… Toutes ces entités ont finalement la même fonction : assumer une mission que la loi leur attribue, et qui est donc d’intérêt public.
On observe tout d’abord que les lois qui les instituent sont très différemment rédigées et structurées. Il conviendrait donc de définir un tronc commun à toutes ces entités.
Ce tronc commun expliciterait les objectifs de manière claire, les moyens mis à disposition, les attentes, les marges de manœuvre, la rémunération par l’Etat des prestations non rentables commercialement que l’Etat souhaiterait voir fournies (exemple : réseau TPG), les règles de rémunération des dirigeants, la façon de rendre compte…
Il faut battre le fer tant qu’il est chaud et clarifier règles et missions, marges de manœuvre et outils de contrôle, dans la plus grande transparence. Il n’y a pas de raison que le Grand Conseil puisse contrôler au nom des citoyennes et citoyens l’instruction publique ou les affaires sociales et que les soins hospitaliers ou la fourniture en énergie ne soient pas, à leur niveau, et par les organes prévus pour cela, l’objet d’un contrôle tout aussi efficace.
Finalement ce que les Genevoises et Genevois ont dit à une forte majorité le 1er juin, c’est qu’ils ne voulaient pas d’un Etat à deux vitesses. Au législateur de passer à l’acte et de définir le cadre d’action des régies et établissements publics.

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08/05/2008

le 1er juin: Peuple genevois ne te laisse pas déposséder!

La loi sur les régies publiques est une loi muselière, qui vise à évacuer les gêneurs et à avoir un conseil d’administration de béni-oui oui. Nous ne prêterons pas main forte à un tel scénario qui laisserait toute liberté aux technocrates et aux tendances à remplacer l’éthique du service public par l’appât du gain. Alors 3 X non le 1er juin, peuple genevois ne te laisse pas déposséder!

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04/05/2008

Pour une politique de sécurité de gauche


De récentes déclarations de Laurent Moutinot sur la poursuite des consommateurs de drogue ont suscité passablement de remous. D’une part de la surprise, car il existe une idée reçue selon laquelle la gauche serait négligente  en matière de sécurité. D’autre part, parce que des acteurs de terrain ont craint que ces déclarations entraînent un abandon de la politique de prévention, d’accompagnement et de thérapie engagée en matière de drogue de manière efficace, pragmatique, consensuelle et relativement à l’écart des turbulences médiatiques. Il n’en est rien, le sens des déclarations du magistrat en charge de la sécurité publique étant en effet de cibler sur ce seul aspect.

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12:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (15) | |  Facebook