Coronavirus et climat, deux poids deux mesures

 Quand il le faut on le fait : le coronavirus menace, il est là, au milieu de nous. Pour parer au danger de la pandémie, on arrête tout, ou presque. On donne les pleins pouvoirs sanitaires à nos autorités, on annule même le Salon de l’Auto, vache sacrée des Genevois s’il en est.

Mais pour lutter contre le changement climatique, danger encore plus grave que celui du virus chinois, symbole de la mondialisation galopante ?

En comparaison, calme plat. On fait des plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030, 2040, 2050, quand le monde n’aura plus rien à voir avec celui que nous connaissons. Et alors qu’on proclame l’urgence climatique, rien qui fasse sentir aux consommateurs, aux citoyens, qu’il y a urgence à réfléchir sur nos besoins, aux producteurs et vendeurs, qu’il faut de nouveaux modèles d’affaires.

Etonnante, cette disparité ! On ne peut pas dire que pour lutter contre le virus, on ménagerait des intérêts économiques, ceux des organisateurs d’événements, les habitudes ou les souhaits du public. Non on y va, il s’agit bien évidemment de protéger un bien public prioritaire, la santé. L’Etat n’a consulté aucun lobby, mais a tout simplement fait son devoir en agissant selon l’intérêt général. Mais dans le cas du climat, l’enjeu est très exactement le même et le prix de nos actions trop molles sera, nous le savons déjà, très lourd lui aussi - y compris en matière de santé.

On sait le faire dans un cas, et on ne le fait pas dans l'autre. Une chose est claire : on peut le faire, donc si on ne le fait pas pour l’urgence climatique, c’est qu’on ne veut pas le faire. On parle souvent de manque de volonté politique. Ici la volonté politique est d’appliquer des mesures d’urgence quand apparaît un redoutable et peu prédictible virus. Et de ne pas les appliquer quand apparaît un redoutable et peu prédictible changement climatique.

Commentaires

  • Genève et son développement, c'est une unanimité de la gauche à la droite pour continuer. La vision du court terme domine.
    Alors si les Verts sont d'accord avec cette croissance de la population dû à un dopage fiscale pour attirer des entreprises, comment la majorité des citoyens peuvent comprendre la nécessité d'agir avec urgence?
    Ce sont 2 messages contradictoires: urgence climatique et croissance incontrôlée.

    Cohérence, vision non idéologique et un fil rouge qui permet de se projeter dans l'avenir. C'est peut-être ce que demande la population avant d'accepter des changements plus importants.
    Les politiques sont actifs face au virus parce qu'il y a une demande forte de la population face à l'immédiateté. Ce n'est pas le cas pour le climat, la demande reste timide.
    Cette différence explique les 2 approches des politiques avec en plus, la malheureuse politisation de l'écologie qui créé une opposition idéologique.
    Les Verts sont plus dans une cohérence politique qu'écologique: Peut-on demander aux autres politiciens de faire mieux ?

  • Peut-être parce qu'on peut dire que tel ou tel personne est morte d'infection par le covid-19. Alors que personne ne peut prétendre avoir été tué par le supposé changement climatique. Même les réfugiés climatique du Vanatu était de l'intox.

  • Il est évident qu'il est bien plus réalisable de focaliser sur une entité précise - cernable au microscope!- que sur une situation énormément plus complexe qui, de plus, s'est mise en place depuis longtemps, s'insinuant dans nos activités quotidiennes de multiples façons.
    Se fixer le but de "protéger un bien public prioritaire" en investissant autant d'argent, de temps, de mesures sur un seul paramètre est trop facile pour être vraiment efficace au niveau de la santé globale qui dépend de tant d'éléments
    dont certains sont bien plus actifs et nocifs que ce virus couronné.
    Non, agir avec autant d'effervescence ressort de différents de facteurs qu'on va découvrir petit à petit.

  • Parce que votre urgence climatique est facilement réversible...

    https://www.foxnews.com/science/china-cornvirus-coincides-plummet-nitrogen-dioxide

    Par contre un virus avec 2% de mortalité = 10 millions de morts en Europe sous six mois et plus encore s'il mute!

  • "Par contre un virus avec 2% de mortalité = 10 millions de morts en Europe sous six mois et plus encore s'il mute!"
    Ca, c'est le genre de phrase facile à lancer assis devant son ordinateur mais qui ne correspond pas à la réalité puisque le pic, comme nous le montre celui de la Chine, n'a pas attendu 6 mois pour diminuer. De plus, la mortalité calculée en Suisse n'est pas du tout de 2% ! Il faut tenir compte qu'à Wuhan, les gens étaient déjà bien affaiblis par la pollution de l'air.
    Donc inutile d'impressionner les Suisses! De plus, vous ne tenez pas compte qu'avec le réchauffement de la saison à venir, le virus va s'atténuer.
    Alors faites-vous peur mais ne répandez pas votre peur pour en faire une épidémie psychique!

  • Et oui la vie est faite de petits pas (le court terme) et les responsables ne le font que dans le sens de la descente (de la facilité).
    Et pourquoi ne pas monter sur la colline pour prendre du recul. Il faudrait du courage au delà des mandats politiques et des lobbyings
    Pourtant ce sont des personnes qui ont aussi des enfants, parait-il!
    Reste la société civile pour montrer le chemin.
    Pouvons-nous espérer
    Merci René pour ta lucidité

  • Mettre les deux choses sur le même plan en dit long sur vos capacités d'analyse. Le changement climatique dépasse de loin les capacités d'intervention de l'humanité. On pourra prendre toutes les mesures que l'on veut, cela ne changera rien. L'épidémie de coronavirus peut être un peu freinée par les mesures prises actuellement.

  • Mettre sur le même plan coronavirus et climat, décidément, vous n'en ratez pas une!

  • D'accord, il y a des mesures de freinage mais avec elles on propage la pandémie de désordres et de catastrophes économiques, humaines et sociales qui seront bien plus difficiles à gérer dans les temps qui viennent qu'une grippe qui passe avec la saison.

  • On ne sait pas ce qui est juste. On nous cache tellement de choses. Une chose est sûre, on sème la peur. Et qu'est-ce qu'elle fait la peur? Elle nous empêche d'être dans une haute vibration, et alors connecté avec tout ce que l'on ne veut pas que l'on sache. En plus, la joie est la meilleure protection contre tout qui vibre bas...

  • Et si les virus avaient quelque chose à nous apprendre ?
    Rien n'est par hasard dans la vie et en ce monde.
    Il suffit de développer un penser mobile pour saisir la Réalité de notre quotidien...
    À bon entendeur ...
    Christian
    UNESU ONG ECOSOC

  • Je suis totalement d'accord avec vous. En même temps, le virus me fait plus peur, probablement parce que c'est un danger proche et assez prévisible, nous avons un sérieux risque de tomber malades cette année. Le climat, c'est un peu plus loin, un peu moins prévisible. Nous pourrions être pris dans une inondation ou un glissement de terrain sans s'y attendre, la température pourrait monter à 45°C avec peu de préavis, mais ce n'est probablement pas pour cette année. Cependant, nous devons nous montrer responsable et laisser un monde vivable à nos enfants.
    Au niveau égoïste. Les mesures pour le climat changeront probablement déjà beaucoup la fin de ma vie (j'ai la quarantaine), si nous ne faisons rien, elle finira bien plus vite, dans une catastrophe climatique. et je m'imagine, seule, âgée, dans une cave exposée aux inondations, au milieu des pénuries alimentaires et de bandes luttant pour les restes de nourriture... Nous devons agir maintenant .

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