Coronavirus : premier bilan d’étape

Le petit virus a tout arrêté. En réalité ce n’est pas le virus qui a mis nos sociétés à l’arrêt, ce sont les décisions de sécurité sanitaire des pouvoirs publics dans le monde entier. Un premier tour d’horizon permet de mettre en évidence quelques constats.

 Les deux premiers constats tournent autour de la mise en évidence par la crise sanitaire des inégalités sociales.

Il a déjà été souligné que celles et ceux qui permettent à notre société de continuer à fonctionner sont les métiers de terrain, peu reconnus, peu visibles et mal payés : porteurs de journaux, producteurs agricoles, livreurs, caissières de supermarché, gardiens, réparateurs, nettoyeurs, exploitants de réseaux, chauffagistes, infirmiers et infirmières, aide-soignant.e.s dans les EMS, et bien d’autres encore, comme l’armée des intermittents de l’informatique.

Cette énumération ne minimise aucunement l’engagement sans faille d’autres professions, mais qui ne sont pas dans ces situations. Par contre pour celles qui travaillent dans l’ombre et connaissent maintes contraintes, notamment financières, Il faudra améliorer leurs effectifs, leur rémunération et leurs conditions de travail.

Puis il y a celles et ceux qui confinés à la maison, supportent plus ou moins facilement cette situation en fonction de l’agencement, de la dimension de leur logement... Dans le monde, près de 700 millions de personnes n’ont pas d’eau propre à disposition. Comment se laver les mains sans eau ni savon? Près de 700 millions de personnes, également, n’ont pas de toit. Comment garder la distance interpersonnelle dans un bidonville ? Et d’après, l’OMS la moitié de l’humanité n’ont pas accès à des soins de base.

Il faudra se souvenir de ces constats aussi, d’une part dans nos politiques d’urbanisme et de logement, d’autre part quand on ergotera à nouveau sur le bien-fondé de la coopération au développement.

Autre enjeu de taille : faire que les indispensables mesures massives de soutien et de relance économiques en cours et à venir préparent le monde de demain et ne retombent pas dans celui d’hier, en renforçant des activités qui ne sont pas cohérentes avec la nécessaire transition vers la durabilité. Ainsi, il ne faut pas poursuivre l’utilisation de l’énergie fossile, le développement tous azimuts de l’aviation, une mondialisation non régulée et sa croissance démesurée des échanges et des transports. Mais saisir l’occasion pour que le redémarrage de l’économie permette de l’orienter vers les énergies renouvelables, les économies d’énergie, la résilience locale, l’agroécologie, l’économie circulaire...

L’urgence climatique a été maintes fois proclamée, mais ... pour 2030 au mieux. Or la transition, c’est maintenant qu’il faut la réaliser. C’est d’ailleurs ce que dit le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, qui vient d'appeler les gouvernements et les institutions financières à déployer des plans de relance vers la durabilité et les énergies propres.

Ce qui a été possible face au petit virus pour sauver des vies, et beaucoup de vies, dans le monde entier, doit nous aider pour affronter d’autres urgences bien plus graves encore. Il ne s’agit aucunement de tomber dans une gouvernance à  la chinoise, mais d’être à la hauteur des situations et d’agir avec fermeté et détermination.

 Trois risques majeurs doivent être traités sans délai : l’épidémie de diabète (l’OMS attend pour 2035 660 millions de malades) largement due au sucre contenu dans l’alimentation industrielle ; l’épandage dans de grandes parties du monde de pesticides extrêmement toxiques, auxquels sont attribués pas moins de 220'000 décès par an ; le risque climatique dont on n’a pas besoin de rappeler les enjeux dramatiques, y compris pour la santé.

Nous savons parfaitement ce qu’il faut faire, mais devant ces menaces globales, contrairement au virus, les pouvoirs publics restent comme paralysés face aux lobbies liés à l’agroalimentaire, à l’agrochimie et aux énergies fossiles, qui ont toujours réussi à convaincre les décideurs de diluer, différer et délayer toute mesure un tant soit peu contraignante.

Aucun besoin pourtant ici de confiner des pays entiers, de fermer toute activité sociale, culturelle et économique. Aucune surcharge des systèmes de soins et du personnel hospitalier à craindre, au contraire. Non, il suffit de légiférer et d’accompagner le changement. Quand les affaires pourront reprendre, le monde ne sera plus le même, et il ne doit plus être le même!

Commentaires

  • Tellement d'imprécisions, d'à peu-près, de flou dans votre pensée ! Comment pouvez-vous mêler la situation des pays sous-développés avec la nôtre ? Cela n'a strictement aucun sens. Quant à la coopération au développement :
    La revue "Un seul monde", l'organe de la DDC (Direction pour le développement et la coopération suisse)de mars 2008 dans l'éditorial "Périscope" indiquait:
    "Entre 1990 et 2005, les guerres ont coûté à l'Afrique l'équivalent de quelque 353 milliards de francs. Ce montant comprend les coûts directs des conflits (...)
    Il correspond à peu près au volume de l'aide internationale attribuée au continent noir durant cette même période."
    Coopérer, ce n'est pas si simple que ça. Il y a des gens en face de vous, qui ont leurs idées à eux. La solution, coloniser à nouveau l'Afrique et imposer autoritairement nos solutions ?

  • Cher M. Geo (pourquoi toujours ces pseudos, ne peut-on pas dialoguer à visage découvert?) je ne vois rien de flou ou d'incohérent à faire une analyse globale d'une pandémie par définition globale. Vous pouvez vous désintéresser du sort d'autres parties du monde, c'est votre choix, ce n'est pas le mien. Et si vous aviez un peu réfléchi au sens de la coopération au développement, elle est justement d'aider des populations qui ne sont pas aidées par leur gouvernement ou pas assez. Ce serait évidemment mieux de ne pas faire de guerres, mais ceux qui font la guerre ne sont absolument pas les populations aidées dans leur effort de développement, alors est-ce parce qu'il y a des guerres qu'il faut les laisser tomber d'autant plus? Ce n'est pas mon choix, mais sans doute le vôtre.

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