La biodiversité base de toute vie

L’affaiblissement de la biodiversité est, avec le changement climatique, un des défis les plus lourds de conséquence de notre temps, car il s’agit là des bases des conditions de vie sur Terre. Certains experts mettent d’ailleurs l’apparition de virus agressifs sur le compte de la perte de biodiversité. En Suisse et à Genève aussi, la biodiversité est à la peine. Dégradations des milieux de vie, substances chimiques se concentrant dans la chaîne alimentaire, dérangements constants la menacent chez nous aussi.

Il se trouve que Genève s’est dotée en 2012 d’une loi sur la biodiversité incitative et fédératrice des acteurs, d’une Stratégie biodiversité 2030 en 2018 et maintenant d’un Plan d’action biodiversité 2020-2023, comportant plus de 110 mesures concrètes. Stratégie et plan viennent d’être adressés par le Conseil d’Etat au Grand Conseil, qui a jusqu’à la fin de l’année pour se prononcer. Le débat public et politique est donc lancé et bien lancé.

Deux notions de base traversent ces documents : celle des services écosystémiques, à savoir les services rendus par la nature aux activités humaines ; celle de l’infrastructure écologique, soit la garantie de la circulation des espèces sur le territoire.

Jeudi 25 juin, la SIA, société suisse des ingénieurs et architectes, section de Genève organisait un webinar sur Biodiversité et domaine bâti, auquel plus de 120 personnes s’étaient connectées. Sachant que le domaine bâti comprend tant l’espace urbanisé que la zone d’habitat individuel, les infrastructures et les diverses zones industrielles, soit 30% du territoire cantonal.

Comment concilier les besoins de la biodiversité et construction, et jusqu’où est-ce possible ? Quelles sont à ce sujet les aides financières et les bonnes pratiques? Après l'accueil par l’architecte Stephane Fuchs, quatre experts, Nicolas Wyler, Dr es sciences et biologiste au Conservatoire et Jardin botaniques, Delia Fontaine, responsable du programme Nature en ville de l’Etat de Genève, Nicolas Amann, biologiste de l’Atelier Nature et Paysage et François Guisan, intégrateur développement durable à Implenia, ont exposé l’état des lieux, les mesures de soutien, une systématique de bonnes pratiques et son intégration dans un projet immobilier.

Tout cela souligne la faisabilité d’une autre approche, consistant à mettre la biodiversité au centre de l’acte de bâtir et non plus à sa périphérie. Cette réorientation doit maintenant entrer dans les réflexes professionnels et personnels de tout acteur du territoire et du bâti, de tout usager d’une parcelle de sol. Du travail pour de nombreux métiers, mais tâche enthousiasmante car ciblée sur les solutions. La fierté du bâtisseur sera de répondre à la fois aux besoins des hommes et des espèces, en préservant et aménageant des espaces pour celles-ci, car l’être humain de loin pas la seule espèce qui ait le droit d’exister sur cette Terre.

Commentaires

  • Malheureusement une fois de plus la principale menace pour la biodiversité et la préservation d'espaces sauvages est délibérément occultée: La dermographie humaine galopante.

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